L’Union européenne veut déminer l’harmonisation de la capitalisation bancaire
Paris tente de limiter une surenchère sur la dotation en capital nuisible à ses banques et au marché intérieur
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Florence Autret, à Bruxelles
La France et le Royaume-Uni semblaient sur des lignes irréconciliables à la veille d’une réunion importante entre ministres des finances des Vingt-Sept, aujourd’hui à Bruxelles, convoquée spécialement pour déminer le dossier de la capitalisation des banques. Depuis la présentation des propositions législatives de la Commission européenne, qui permettront d’appliquer aux 8.300 banques européennes les règles de Bâle 3, le Royaume-Uni n’a cessé de demander une importante discrétion pour aller au-delà des ratios de Bâle dans la fixation des exigences en fonds propres de son secteur bancaire. Une demande acceptée avec réticence par la Commission européenne, la France ou l’Allemagne, partisanes d’une harmonisation maximum.
Dans le compromis qu’elle présentera aux ministres, la Danoise Margrethe Vestager qui préside le Conseil Ecofin propose de plafonner à 3% de l’actif pondéré des institutions systémiques le «coussin structurel» pouvant être ajouté discrétionnairement aux ratios de Bâle. Au-delà de ces 3%, l’autorité bancaire nationale ne pourrait agir qu’avec l’autorisation de la Commission européenne, après avis de l’Autorité bancaire européenne et du Conseil européen des risques systémiques.
Cette surpondération discrétionnaire s’appliquerait à l’ensemble des expositions des banques, dans le pays de leur siège mais aussi dans le reste du marché européen et dans les pays tiers. Elle s’applique en plus des 8% réglementaire de Bâle, eux-mêmes augmentés des 2,5% du «coussin de conservation».
Le compromis danois semble difficilement acceptable pour Paris qui tient à limiter cette discrétion aux expositions domestiques. A Paris, mais aussi à la Commission européenne, on estime qu’il en va de l’intégrité du marché intérieur car un tel régime risquerait d’entraîner une course aux fonds propres par un effet de benchmark entre banques et un assèchement du crédit notamment en Europe centrale.
«La disponibilité du capital n’est pas infinie… Le bon moyen de protéger l’argent du contribuable n’est pas d’augmenter les exigences en capitaux, mais plutôt de bien pondérer les risques et de faire une bonne supervision», notait la semaine dernière un haut fonctionnaire européen. Un compromis mercredi ouvrirait la voie aux négociations avec le Parlement européen qui doit arrêter sa position dans les semaines à venir.
Les cours du brut ont enregistré une troisième journée de hausse alors que Donald Trump n’a pas prolongé l’accord intermédiaire signé en juin avec l’Iran qui est passé à une posture militaire défensive. Les risques de pénurie refont surface malgré la recherche de routes alternatives au détroit d’Ormuz.
La saison des résultats du deuxième trimestre a été exceptionnelle, permettant au marché d’oublier un mois de juillet difficile. Mais certaines publications, pourtant favorables, ont été sanctionnées. Le marché semble attacher plus d’importance aux flux de trésorerie.
L’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique a annoncé l’attribution de neuf mandats de gestion d’actifs non cotés dans le cadre de sa stratégie de diversification à long terme.
Plus en difficulté, Bigben vient d’entrer en sauvegarde accélérée. Le PDG d’Atari détiendra indirectement près de 43% du capital de la société après les opérations de refinancement.
Touchée par deux nouvelles attaques, la Direction des Finances publiques confirme la compromission de 1,8 million de dossiers cadastraux, tout en minimisant la sensibilité des données dérobées.
Le cabinet de conseil a émis une opinion favorable aux états financiers de Tether pour l'année 2025. Alors que l'heure est à la régulation dans la cryptosphère, l'émetteur de stablecoins non régulés espère que cette annonce rassurera les investisseurs.
Les deux fonds ciblent respectivement l'inférence des modèles d'IA et les systèmes de refroidissement et d'alimentation des centres de données. Une manière de fractionner davantage l'exposition des investisseurs à la chaîne de valeur de l'IA.
Le président de Taïwan, Lai Ching-te a annoncé le versement de 270 euros par personne au titre des résultats exceptionnels de l’Intelligence artificielle
A cause de dépenses publiques en roue libre, la diminution du déficit apparaît de plus en plus compromise. Et la campagne présidentielle, propice aux promesses coûteuses, risque encore de repousser le nécessaire redressement. Les comptes publics menacent de devenir incontrôlables.