L’Ukraine reçoit le soutien exigeant des créanciers internationaux
L’Ukraine s’apprête à passer sous perfusion du FMI. L’institution s’est engagée hier à débloquer de 14 à 18 milliards de dollars de prêts, sur un montant total de 27 milliards octroyé par un ensemble de créanciers internationaux sur deux ans. Le Japon apportera 150 milliards de yens (1,1 milliard d’euros), et l’Union européenne 1,6 milliard.
Si le niveau des CDS à 5 ans du pays a chuté de 216 pb pour revenir à 966 pb en deux jours, la hryvnia restait stable hier à 11,11 contre dollar après un rebond en séance.
L’Ukraine doit rembourser 33,4 milliards de dollars de dette en capital et intérêts d’ici à fin 2016, et le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a alerté hier que seules des aides «d’urgence» seront autorisées avant les élections présidentielles du 25 mai. ING met en avant les risques politiques, alors qu’aucun candidat unique du parti au pouvoir n’a été trouvé et que la date des élections parlementaires n’a pas été fixée. Des tensions qui «risquent de s’aggraver après la mise en œuvre des réformes impopulaires (comme la hausse du prix du gaz, ndlr) et la plongée en récession», ajoute ING.
Si le FMI se félicite du passage en taux de change flexible en février qui a porté la chute de la hryvnia à 33% contre dollar depuis le début de l’année, il juge que «sans action politique, le déficit cumulé de l’Etat et de Naftogaz se creusera à plus de 10% du PIB en 2014». Le déficit public devra être ramené à 2,5% du PIB fin 2016. Le pays a souffert de la baisse des réserves de changes à 17,8 milliards de dollars, de la chute des entrées de capitaux et de la flambée des besoins de financement du déficit courant à 9% du PIB en 2013.
«L’effort budgétaire considérable à effectuer dans un contexte de forte dépendance aux importations d’énergie et de faiblesse de la demande intérieure» devrait entraîner une contraction du PIB de 3% cette année, selon Natixis. En outre, la hausse de 79% du prix du gaz facturé par la Russie début avril et l’ajustement de la devise devrait propulser l’inflation à 14%, selon le gouvernement.
Contrainte d’injecter des liquidités pour compenser la fuite des dépôts bancaires, la banque centrale (NBU) a fourni 6,1 milliards de hryvnias (400 millions d’euros) lors de sa dernière opération hebdomadaire. Le parlement envisage en outre d’interdire les dépôts en devises étrangères, et de taxer à hauteur de 25% la rémunération des dépôts bancaires qui dépasse de 5% le taux fixé par la NBU.
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