Lucas Papadémos peine à s’imposer à la tête d’un gouvernement de transition

Les dirigeants grecs n’ont pas réussi à trouver un accord cette nuit. L’ancien vice-président de la BCE reste favori pour rassurer les investisseurs
Antoine Duroyon

La Grèce va accoucher d’un nouveau Premier ministre dans la douleur. Après l’accord conclu dimanche soir entre le chef du gouvernement Georges Papandréou et le leader de l’opposition conservatrice Antonis Samaras, aucun accord n’a pu être trouvé cette nuit et de nouvelles discussions devraient se tenir aujourd’hui. A l’heure actuelle, Lucas Papadémos, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) de 2002 à 2010, conseiller de Georges Papandréou, diplômé de Columbia et du MIT, reste le favori pour s’imposer à la tête d’un gouvernement de transition.

Défenseur d’une orthodoxie budgétaire et fiscale, rompu à l’analyse de la politique monétaire et du fonctionnement des marchés financiers, il devra soigner son sens de la diplomatie. Les partenaires européens de la Grèce l’attendent en effet de pied ferme. «Il est essentiel que la classe politique dans son ensemble restaure désormais la confiance qui a été perdue dans l’engagement de la Grèce envers le programme UE-FMI», déclarait lundi soir le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

Après le tumulte provoqué par Georges Papandréou, les Européens auraient demandé des gages. Selon la presse grecque, le ministre des Finances, Evangelos Venizélos, a informé le gouvernement, réuni d’urgence hier après-midi, que ses homologues européens attendent une lettre d’engagement sur le plan du 26 octobre signée au plus haut niveau : de la part de Papandréou, de Samaras, du gouverneur de la banque centrale grecque, Georges Provopoulos, du nouveau Premier ministre et du nouveau ministre des Finances. Lucas Papadémos, si sa nomination se confirme, devra également jouer une partie serrée à domicile et éventuellement convaincre ses concitoyens de la nécessité d’engager des efforts d’austérité supplémentaires.

Cette coalition des cent jours - les élections législatives anticipées ne devant pas avoir lieu avant le 19 février prochain - s’articulera autour du Pasok, le parti de Georges Papandréou, et de la formation Nouvelle Démocratie. «Ce gouvernement technocratique est une bonne chose car il apportera de la stabilité après le tumulte des dix derniers jours», estime Spyros Economides, maître de conférences à la London School of Economics. Selon ekathimerini.com, Lucas Papadémos souhaiterait notamment intégrer dans son équipe Yiannis Stournaras, directeur du think-tank IOBE.

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