L’or perd de son lustre auprès des investisseurs
Pris dans la correction générale des prix des matières premières (-4,4% la semaine dernière), l’or est victime de dégagements massifs de la part des investisseurs financiers. Les positions nettes de contrats sur le métal jaune sont devenues vendeuses pour la première fois depuis 2006 et leur publication par la Commodity Futures Trading Commission, selon les statistiques hebdomadaires arrêtées à la date du 21 juillet.
Les stratégistes de JPMorgan relèvent aussi que la «skew» des options sur l’or est très négative, c’est-à-dire que les investisseurs sont beaucoup plus demandeurs d’options de vente (puts) que d’achat (calls), afin de se protéger contre une baisse des prix.
Les fonds spécialisés sur l’or ont dans le même temps connu leurs retraits les plus élevés depuis 4 mois, à 1,1 milliard de dollars, relève Bank of America, en s’appuyant sur les statistiques d’EPFR. Les produits indiciels cotés (ETF), dont l’essor a permis d’absorber la production d’or dans les années 2000 et de pousser l’once à 1.900 dollars mi-2011, détiennent désormais moins de 50 millions d’onces, contre 84,6 millions fin 2012.
Hier, le métal jaune a encore reculé, à 1.096,50 dollars, après avoir cédé 3,1% la semaine dernière. De nombreuses banques revoient aujourd’hui leurs perspectives en baisse. «L’or a perdu de son attrait à la fois comme devise et comme matière première», constatent les analystes de Macquarie. «Les prix devraient retomber à 750 dollars l’once pour revenir à leur moyenne historique de long terme en termes réels», calcule Michael Lewis, chez Deutsche Bank.
L’or, dont les prix ont tendance à baisser quand les taux d’intérêt réels américains et le dollar montent, pâtit des attentes de resserrement monétaire aux Etats-Unis. La crise grecque et la déroute des Bourses chinoises, en juin et début juillet, n’ont pas entraîné de flux vers cette traditionnelle valeur refuge. Les banques centrales, et notamment la Chine, ne donnent pas de signes de vouloir accroître leurs achats. Et si l’ampleur des positions shorts peut laisser espérer des rachats à court terme, un autre risque de flux vendeur existe du côté des ETF, souligne Barclays.
Certains fonds indiciels pourraient devoir liquider des positions devenues perdantes sous le seuil des 1.000 dollars l’once, selon la banque.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs