L’opération de communication de la BCE tire l’euro vers ses plus bas
L’opération séduction lancée par Mario Draghi et Peter Praet auprès de l’opinion publique allemande semble au moins avoir produit un effet sur le niveau de l’euro. Avec la baisse du prix du Brent à près de 53 dollars le baril, la monnaie unique s’est dépréciée de 2,5% contre dollar depuis Noël pour tomber hier à 1,186, son plus faible niveau depuis février 2006. L’euro a également chuté de 2,5% contre yen depuis Noël et de 4% sur le mois écoulé.
«Le renforcement des attentes du lancement d’un programme de rachats de dettes souveraines par la BCE le 22 janvier, et l’accroissement des tensions politiques avant l’élection en Grèce le 25 janvier devraient maintenir une pression baissière sur l’euro», estime BNP Paribas.
Les positions spéculatives vendeuses sur l’euro sont revenues à 147.000 contrats fin décembre, après être tombées à 126.000 et se maintiennent ainsi à leur niveau moyen depuis septembre historiquement élevé. Des rachats sont possibles si la BCE opte pour un statu quo en janvier, mais le rebond de l’euro devrait être temporaire, Mario Draghi devant «continuer à entretenir les anticipations d’un QE élargi en mars et les craintes sur la Grèce étant amenées à persister jusqu’en mars», selon Natixis. La banque table sur une chute du taux de change euro-dollar à 1,12 d’ici à fin juin.
La semaine dernière a été marquée par deux entretiens majeurs accordés à la presse allemande par Mario Draghi et par l’économiste en chef de la BCE qui ont tous deux répondus aux critiques adressées outre-Rhin sur la politique de l’autorité. Le message est clair: «le risque de rater le mandat sur l’inflation est plus important qu’il y a six mois, et surpasse tous les autres en termes de priorité», explique Frédérik Ducrozet, économiste chez CA CIB qui table sur «une forme de pré-annonce d’un programme d’achats élargis le 22 janvier, avec des détails opérationnels à préciser».
Peter Praet a évoqué la possibilité de rachats d’obligations d’Etat sans participation aux pertes en cas de défaut. Cette solution permettrait de s’assurer d’un consensus plus large au sein des membres de la BCE, mais aurait «un effet préjudiciable sur l’efficacité du programme», estime BNP Paribas.
Peter Praet n’exclut en outre pas des rachats des seules obligations notées «AAA» mais pour des montants «nettement plus importants», alors que la BCE a déjà précisé qu’elle ne rachètera pas d’obligations de pays «mal notés» qui ne sont pas sous programme de la Troïka.
{"title":"","image":"81803»,"legend":"Le recul du prix du p\u00e9trole va de pair avec celui de l’euro contre dollar. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
KNDS veut faire ses armes en Bourse sans mobilisation générale
Très attendue, la cotation du fabricant de chars franco-allemand devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Elle consistera uniquement en une cession de titres existants et les particuliers ne pourront pas y participer. -
L'ancien directeur financier de Pfizer rejoint Nike
David M. Denton rejoindra le fabricant sportif en tant que vice-président exécutif et directeur financier le 17 août prochain. -
EXCLUSIFCoinhouse fait son marché chez les acteurs non régulés
La plateforme met la main sur les utilisateurs de la plateforme Bitget, sur la liste noire de l'AMF et sur Tilvest, le partenaire crypto des CGP et CIF qui n'a pas réussi à obtenir l'agrément MiCA. -
Atos avance dans son processus de refinancement
L'entreprise de services numériques avait émis au printemps dernier 1,25 milliard d'euros de dette obligataire afin de rembourser des financements anciens plus coûteux. -
Le Crédit Agricole va prendre 9,9% du capital de Cajamar en Espagne
Cette prise de participation dans le premier groupe bancaire coopératif espagnol s'accompagne de partenariats dans l'asset servicing, le factoring ou le leasing. -
Le Venezuela avance sur la restructuration de son énorme dette
La restructuration de la dette du Venezuela, estimée à 240 milliards de dollars, selon le FT, sera longue et complexe en raison de la multitude des créanciers. Une décote de 50% est anticipée par le marché.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
- AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
Contenu de nos partenaires
-
DégelClimatisation : les zones d'ombre du plan du RN
Le RN veut faire de la climatisation sa réponse aux vagues de chaleur. Mais derrière le slogan, lancé depuis un an, le coût du dispositif, son périmètre exact et son financement font encore l'objet de discussions internes. Une conférence de presse est prévue début de semaine prochaine -
Présidentielle 2027Edouard Philippe en campagne au coin de la rue
Dans sa course à l'Elysée, le maire du Havre a décidé de prendre les chemins détournés. Il met en avant son écharpe tricolore plus que les trois années passées à Matignon. Ce qu'aucun de ses principaux concurrents ne peut faire -
Canicule : ces autorisations spéciales d'absence accordées à certains profs
Certains rectorats font preuve de souplesse pour les enseignants vulnérables aux chaleurs extrêmes