L’OPEP invite à ne pas enterrer trop vite le pétrole
Les cours du pétrole et les actions des pétrolières avaient des raisons de monter hier.
Entre la répression en cours en Arabie saoudite et la probable reconduction, le 30 novembre, par l’OPEP et ses alliés de l’accord de limitation de la production qui soutient les cours depuis des mois, le Brent a franchi les 64 dollars le baril.
Mais une raison plus fondamentale a peut-être joué aussi : une étude de l’OPEP à l’horizon 2040 dont il ressort qu’en dépit de la lutte contre le réchauffement climatique, le pétrole a encore de longues années de croissance devant lui.
Elle assure ainsi que la demande mondiale continuera à croître jusqu’en 2040 au moins, pour dépasser 110 millions de baril par jour contre 95 en 2016.
Et que sur la demande globale d’énergie, le pétrole occupera encore à cet horizon la première place avec 27% du total, devant le gaz et le charbon, très loin devant les autres formes d’énergie.
Une raison de cette résilience de la demande tient à en partie à la nouvelle réglementation des carburants imposée aux transporteurs maritimes.
Elle tient aussi à la croissance des classes moyennes dans les grands émergents, Inde et Chine au premier chef.
Celle-ci trouvera sa conséquence la plus claire dans les transports, qui continueront à peser près de 60% de la demande pétrolière mondiale.
Voilà qui invite à relativiser, non l’urgence de la lutte contre le réchauffement mais la vitesse à laquelle elle devrait se concrétiser.
D’ici 2040, le rapport souligne d’ailleurs que seule la zone OCDE parviendra à stabiliser sa consommation d’énergie, grâce à une forte baisse de celle du pétrole et du charbon.
Elle pèsera en 2040 30% de la consommation mondiale, soit 10 points de moins qu’aujourd’hui.
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