Londres riposte sur la liquidité et la solvabilité des chambres de compensation

La FSA britannique propose la création d’un matelas de liquidité et la mise en place de stress tests pour les contreparties centrales
Antoine Duroyon

Rallié à la toute dernière minute au projet de réforme de la compensation des produits dérivés, adopté en début de semaine par les ministres des Finances européens, le Royaume-Uni veut laisser son empreinte. La City s’arroge aujourd’hui les trois quarts de cette activité au niveau européen, ce qui en fait un dossier hautement stratégique. La riposte est venue hier de l’Autorité britannique des services financiers (Financial Services Authority - FSA) qui a dévoilé un document de consultation détaillant plusieurs pistes de régulation.

L’importance systémique des contreparties centrales en tant que fournisseurs d’infrastructure de marché et les objectifs réglementaires font qu'«il est approprié que les standards financiers que doivent viser ces entités soient déterminés de manière stricte», juge la FSA. Le régulateur fait plusieurs propositions, au premier rang desquelles figure la création d’un matelas de liquidité pour les chambres de compensation qui aurait l’avantage d’offrir une capacité d’intervention en amont des difficultés.

Deuxième idée avancée par la FSA, celle de tests de résistance (stress tests) destinés à déterminer le niveau de fonds propres que les contreparties centrales doivent détenir en temps de crise. «Nous étudierons si un programme de stress tests répond aux besoins d’un éventail approprié de scénarios adverses reflétant avec justesse l’exposition des entités régulées à des chocs financiers, compte tenu de leur profil de risque global», explique le document de la FSA.

Le but de l’exercice consiste à quantifier la hausse probable des coûts ou la baisse des revenus résultant d’un facteur de stress particulier. Les pertes ainsi simulées entreraient dans le calcul des exigences de ressources financières dans le cadre d’une approche basée sur le risque.

Alors que les commentaires relatifs à cette consultation sont ouverts jusqu’au 6 janvier prochain, la version définitive des règles adoptées par l’Ecofin doit être débattue au Parlement européen. Selon une copie du projet obtenue par Bloomberg, les plates-formes d'échange pourraient être tenues de partager «sur une base non discriminatoire et transparente» certaines données avec les chambres de compensation.

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