Londres lance une dernière offensive contre les banques
Le Royaume-Uni marche à nouveau la tête haute». Sans surprise, le chancelier de l’Echiquier britannique, George Osborne, a saisi hier l’opportunité de la présentation du dernier budget avant les élections législatives du 7 mai pour assurer de la solidité de la reprise économique. «C’est le budget d’une économie qui fait un nouveau grand pas de l’austérité vers la prospérité», a-t-il affirmé, chiffres à l’appui.
S’appuyant sur les pronostics de l’organisme indépendant OBR, le chancelier a relevé les perspectives de croissance pour cette année à 2,5% au lieu de 2,4% anticipé en décembre, et à 2,3% en 2016 contre 2,2%. Le Chancelier a cependant revu à la baisse son objectif d’excédent budgétaire : au lieu d’un surplus de 23 milliards de livres attendu en 2019-2020, le gouvernement s’attend désormais à un excédent de 7 milliards (9,7 milliards d’euros).
Dans ce dernier budget, les banques sont largement mises à contribution : à compter du 1er avril prochain, la taxe bancaire sera relevée de 0,156% à 0,21%, soit la hausse la plus élevée depuis l’introduction de cette taxe en 2011. Autre coup dur : les banques ne pourront plus déduire de leurs impôts le coût relatif à la compensation des clients pour des scandales comme celui des ventes forcées d’assurance-emprunteur PPI (payment protection insurance). Au total, les deux mesures devraient rapporter quelque 5,3 milliards de livres d’ici à 2020. Voulant tourner la page de la crise financière, le Chancelier a également confirmé son intention de vendre 9 milliards de livres d’actions supplémentaires de Lloyds Banking Group cette année ainsi que 13 milliards de livres de prêts immobiliers en provenance des prêteurs Northern Rock et Bradford & Bingley.
Annoncée en décembre dernier, la «taxe Google» sera votée par le Parlement britannique la semaine prochaine et mise en place en avril. Cette taxe s’élèvera à 25% des profits générés par les multinationales au Royaume-Uni et transférés ensuite artificiellement hors du pays. Elle devrait permettre à l’Etat de récupérer 25 millions de livres en 2015-2016, puis 275 millions en 2016-2017 et 340 millions l’année suivante. Les mesures de lutte contre l’évasion fiscale seront également assorties de sanctions criminelles.
En échange de ces recettes, le ministre des Finances a multiplié les cadeaux fiscaux à ses cibles électorales, retraités en tête. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes à assurer au parti conservateur un deuxième mandat.
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