Londres cale une trajectoire budgétaire cruciale dans le cadre du Brexit
Pour Londres, le Brexit n’est pas qu’une question politique, c’est aussi une question de gros sous.
En présentant son budget aujourd’hui, le Chancelier de l’échiquier Phillip Hammond dessinera en partie la trajectoire financière du pays.
Mais une autre décision, capitale, restera à prendre pour la caler définitivement : l’ardoise qu’il faudra régler à l’Union Européenne, qui se montera à plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Le Tout-Londres politique bruisse de rumeurs de chiffres : les derniers font état de 40 milliards d’euros, ce qui signifierait que depuis sa dernière proposition de 20 milliards, le Royaume Uni ferait la moitié du chemin exigé par Bruxelles qui en réclame 60.
Philip Hammond devrait se garder demain de toute indication sur le montant de la facture finale.
Car Theresa May entend garder l’effet de surprise jusqu’au Conseil européen de la mi-décembre, pour réduire le plus possible le temps de réaction de l’adversaire et couper court à tout marchandage supplémentaire de sa part.
La première partie de l’exercice budgétaire n’en sera pas moins importante, d’autant qu’il s’agit du premier budget présenté au nouveau Parlement par un ministre qui n’est pas en odeur de sainteté parmi les ‘Brexiters’ les plus durs.
Les vents sont contraires : la croissance pourrait manquer son objectif de près d’un demi-point de PIB ce qui, joint à une productivité médiocre, augure mal du déficit public à moyen terme.
Or il a été décidé en 2016 que le déficit structurel devrait être inférieur à 2% du PIB d’ici l’année fiscale 2020-2021.
Dès lors, les largesses ne seront pas au menu tandis que les besoins de financement prévisibles du Trésor concentreront l’attention des investisseurs.
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