L’OMT peut rapporter 10 milliards d’euros à la BCE
La BCE a décidé de stériliser les achats de dettes souveraines qu’elle effectuera au titre de son nouveau programme (OMT). Elle va donc retirer du marché la liquidé supplémentaire que ces achats généreront. Et les moyens ne lui manquent pas. Elle peut offrir aux banques une possibilité de dépôt à terme rémunéré. C’est la reprise de liquidités en blanc, et la BCE procède ainsi habituellement. Elle peut décider d’augmenter les réserves minimum que les banques doivent lui apporter. Elle peut enfin avoir recours à un instrument qui ne figure pas à l’arsenal de la Fed: émettre des certificats de dette pour une maturité inférieure à douze mois.
Quelle que soit la forme retenue, la stérilisation sera très peu coûteuse pour la BCE. La dernière reprise de liquidités en blanc a été adjugée à 1 pb; les réserves minimum ne sont pas rémunérées; et l’émission d’un certificat de dette ne lui coûterait guère plus que ce que paye le Trésor allemand aujourd’hui (3 pb). Or, les actifs qui peuvent être acquis dans le cadre de l’OMT rémunèrent encore 200 pb après coûts de stérilisation. La BCE va donc gagner beaucoup d’argent. A supposer qu’elle devienne le seul investisseur sur les dettes souveraines de la périphérie à moins de trois ans, dont le volume atteint 509 milliards d’euros, elle peut réaliser un profit de 10 milliards.
L’Eurosystème doit-il redistribuer ces profits ? Ce serait juste, puisqu’il exige de ses actionnaires la recapitalisation de ses pertes. Leur reverser les profits selon leur apport en capital reviendrait à les distribuer principalement à l’Allemagne et à la France: une solution injuste. Si dans un élan de solidarité l’Eurosystème choisissait de reverser les profits réalisés sur chaque dette aux gouvernements de la périphérie, l’Italie pourrait ainsi récupérer 5 milliards, soit 0,3% de PIB sur un déficit public de 3,9% en 2011, et l’Espagne 4 milliards, soit 0,4% de PIB sur un déficit de 8,9%. Une aubaine dans le contexte récessif qui prévaut aujourd’hui.
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