L’OCDE voit la dette de la France culminer à 101,8% du PIB en 2016
L’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) est nettement moins optimiste que le gouvernement français sur la trajectoire budgétaire du pays. Dans ses prévisions économiques d’automne publiées mardi, l’institution estime que le ralentissement annoncé de la consolidation budgétaire portera le déficit à 4,3% du PIB l’an prochain puis à 4,1% en 2016 contre 4,3% puis 3,8% prévu par le gouvernement dans sa dernière trajectoire. La dette publique de la France au sens de Maastricht dépasserait la valeur du PIB en 2016 pour s’inscrire à 101,8% après 99,3% en 2015. Le gouvernement français table sur une dette à 97,2% du PIB en 2015 puis 98,0% en 2016.
Malgré ce dérapage, l’OCDE estime «appropriée» la décision prise par la France, comme par l’Italie, de ralentir le rythme de consolidation de ses finances publiques pour tenir compte de l’environnement actuel de faible croissance. Pour la France, elle table sur une croissance de 0,4% cette année, qui passerait à 0,8% en 2015 puis 1,5% en 2016. Les anticipations de l’OCDE sont proches de celles publiées au début du mois par la Commission européenne (0,3%, puis 0,7% et 1,5%) et sensiblement en-dessous de celles du gouvernement français (0,4% puis 1,0% et 1,7%). Pour l’OCDE, l'économie française devrait bénéficier d’une amélioration de l’environnement mondial, de la baisse de l’euro et des prix de l'énergie ainsi que du ralentissement «significatif» de la consolidation des finances publiques. Elle s’inquiète toutefois de la faiblesse du secteur de la construction. La France ferait moins bien que la zone euro, pour laquelle l’OCDE table sur une croissance de 0,8% cette année puis 1,1% en 2015 et 1,7% en 2016.
Globalement, l’OCDE table sur une croissance mondiale de 3,3% cette année, qui passerait à 3,7% en 2015 puis à 3,9% en 2016. Pour les Etats-Unis, elle anticipe une accélération de la croissance à 3,1% l’an prochain avant 3,0% en 2016.
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