L’OCDE salue les progrès de l’Irlande mais lui demande plus d’efforts
Le pays a déjà atteint une bonne partie des objectifs fixés par l’Union et le FMI mais la crise bancaire et le chômage persistent
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Solenn Poullennec
L’Irlande doit encore transformer l’essai pour laisser la crise derrière elle. Dans un rapport publié vendredi, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que des « progrès satisfaisants sont réalisés dans la réduction du déficit public, mais il faut faire beaucoup plus».
Par rapport à la Grèce et au Portugal qui bénéficient aussi de l’aide de l’Union et du FMI, l’Irlande s’en sort bien, grâce à des gains de compétitivité et à la hausse des exportations. L’OCDE, qui s’attendait encore il y a quelques mois à une croissance nulle en 2011, a revu sa prévision à 1,2%, même si elle reste très dépendante de l’évolution de la crise souveraine.
«A la fin de l’année 2011, environ les deux tiers de l’assainissement budgétaire envisagé par les autorités auront déjà été obtenus», salue aussi l’organisation. Le déficit budgétaire est attendu à 10% cette année (32% compte tenu du sauvetage du secteur bancaire) et 8,6% en 2012.
Il faut dire qu’avec un secteur exportateur plus développé, une population mieux qualifiée et un régime fiscal attractif, le pays a plus d’atouts que les républiques hellène et portugaise. Et, comparé à leurs programmes d’assistance financière, celui de l’Irlande, fixé à 85 milliards d’euros en 2010 (dont 67,5 milliards d’euros de l’UE et du FMI) «est assujetti à relativement peu de réformes structurelles».
Pour l’OCDE, il n’est pourtant pas question que l’Irlande s’endorme sur ses lauriers: «si l’activité économique progresse, les autorités devront réduire le déficit plus rapidement que ne le requiert le programme». L’objectif est de passer sous la barre des 3% en 2015. Car la dette devrait encore atteindre 117% en 2013. Et le pays doit continuer à regagner la confiance des marchés. Déjà, les taux à 5 ans se sont détendus de 906 points de base depuis 3 mois, à 6,4%.
L’organisation égrène donc les recommandations: l’Irlande doit continuer à réduire ses dépenses publiques et renforcer sa compétitivité (le maintien d’un impôt sur les sociétés à 12,5% est jugé «prudent»). Pour sortir de la crise bancaire, elle est invitée à limiter la couverture des engagements des banques et à renforcer sa régulation macro-prudentielle. Enfin, l’OCDE préconise de s’attaquer au chômage, prévu à 14,2% cette année.
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