Deux jours avant la réunion mensuelle de la BCE, l’OCDE préconise des mesures d’assouplissement monétaire conventionnelles et non conventionnelles
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Patrick Aussannaire
Des paroles aux actes, il n’y a qu’un pas que l’OCDE incite la BCE à franchir le plus rapidement possible afin de «ramener l’inflation de manière plus définitive vers sa cible». Dans son rapport semestriel de perspectives économiques publié à deux jours de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, l’organisation estime que «le principal taux de refinancement devrait être réduit à zéro, et le taux de dépôt probablement passé en territoire légèrement négatif, et ils devraient rester à ce niveau au moins jusqu’à la fin de l’année 2015».
Malgré des prévisions de croissance du PIB dans la zone euro revues légèrement à la hausse, à 1,2% cette année et 1,7% en 2015, contre 1% et 1,6% anticipés en novembre dernier, l’OCDE a également ajusté à la baisse ses prévisions d’inflation. La hausse des prix pourrait ainsi ralentir à un rythme de 0,7% cette année pour ne remonter qu’à 1,1% l’an prochain. «Avec des capacités inutilisées qui devraient se réduire lentement et rester importantes même à la fin de l’année 2015, l’inflation pourrait ne remonter qu’à 1,3% fin 2015, bien en deçà de la définition de la stabilité des prix retenue par la BCE», avertit l’organisation.
Le recours à des mesures non conventionnelles est également évoqué si les outils traditionnels sont insuffisants. «De telles mesures devront être introduites rapidement même si les anticipations d’inflation semblent encore bien ancrées, dans la mesure où des anticipations stables peuvent reposer sur l’attente de mise en place de mesures correctives, et pourraient ainsi se renverser brutalement si elles ne sont pas effectives», ajoute l’OCDE qui évoque l’arrêt de la stérilisation du programme SMP, un nouveau LTRO ciblé sur des maturités longues et même des rachats de titres publics et privés.
Depuis le printemps 2012, la BCE a utilisé la communication pour restaurer la confiance des investisseurs et faire baisser les taux périphériques grâce notamment au programme OMT, qui n’a jamais été utilisé. L’autorité a récemment durci le ton en évoquant l’utilisation de politiques non conventionnelles, afin de lutter contre les risques déflationnistes et la force persistante de l’euro qui les accroît. Le consensus table sur un statu quo de la BCE demain. S’il n’écarte pas une surprise, des mesures conventionnelles pourraient plutôt intervenir en juin après la mise à jour de ses perspectives de croissance et d’inflation.
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