L’OCDE incite la BCE à appliquer l’assouplissement quantitatif
L'économie mondiale continue de se redresser très progressivement, par la faute d’une zone euro stagnante et du ralentissement de certains grands émergents qui freinent une reprise menée par les Etats-Unis, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ce jeudi, à quelques heures de la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).
La zone euro reste désespérément à la traîne du reste du monde, au point que l’OCDE presse la BCE d’honorer sa promesse «de faire tout ce qu’il faut» pour soutenir son économie en lançant un programme d’achats de titres de dette souveraine. Elle lance cet appel à l’occasion de la publication de chiffres préliminaires pour ses prévisions économiques d’automne attendues à la fin du mois, un exercice qui porte uniquement sur les pays du G20 avant leur sommet annuel de Brisbane la semaine prochaine.
Elle ne revoit que légèrement en baisse ses dernières prévisions de mai pour la croissance mondiale, qui atteindrait 3,3% cette année avant 3,7% en 2015 (contre 3,4% et 3,9% prévu précédemment) puis 3,9% en 2016. «L'économie globale continue d’avancer à petite vitesse», a déclaré à Reuters Catherine Mann, la nouvelle responsable américaine des études économiques de l’OCDE. «Même avec une croissance de 3,9% attendue en 2016, on reste un demi-point en dessous de la tendance historique», a-t-elle ajouté.
Pour les Etats-Unis, l’OCDE prévoit une croissance qui accélérerait de 2,2% cette année à 3,1% l’an prochain, l’amélioration du marché du travail profitant à la consommation. Avec un tel rythme, la Réserve fédérale américaine commencera à relever ses taux à partir de mi-2015, prévoit l’OCDE, tout en mettant en garde contre le risque de turbulences collatérales sur des économies émergentes.
L’embellie outre-Atlantique contraste avec la situation dans la zone euro, où l’OCDE voit toujours une croissance limitée à 0,8% cette année et 1,1% en 2015 en dépit d’un ralentissement de la consolidation budgétaire chez plusieurs de ses membres. A ses yeux, le risque est aujourd’hui celui d’une «période prolongée de stagnation» dans les pays de la monnaie unique européenne et la BCE doit se lancer dans des opérations d’"assouplissement quantitatif» à l’américaine pour y faire face.
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