L’OCDE évoque un risque d’emballement du crédit immobilier en France
Ce ne sont que quelques lignes dans l’imposante étude que l’OCDE a livrée hier sur la France. Mais elles font écho aux propos tenus par Christian Noyer fin mars sur le crédit immobilier. Dans ses recommandations sur le système financier, l’Organisation de coopération et de développement économiques estime que la France aurait intérêt à «adopter des mesures macroprudentielles restreignant l’accès des crédits aux ménages en cas d’emballement prolongé des prix immobiliers». Le 29 mars, le gouverneur de la Banque de France avait appelé les banques à la vigilance, en s’inquiétant de la faiblesse des marges (L’Agefi Quotidien du 30 mars).
A court terme, «il est à craindre que la prolongation de conditions de crédit favorables n’alimente une augmentation déraisonnable des prix, ce qui suggère, d’une manière générale, de proscrire les mesures non ciblées soutenant la demande», souligne encore l’OCDE. Depuis la réalisation de l’étude, approuvée mi-février, les établissements de crédit ont resserré leurs conditions de prêt dans l’Hexagone, une tendance à l’œuvre depuis le deuxième semestre 2010.
L’OCDE rappelle cependant que la France n’a pas connu les excès de certains pays voisins en matière d’octroi et reste préservée par la structure de son marché, basé sur les revenus des emprunteurs. Tout en soulignant que les prix de l’immobilier «renouent avec leurs niveaux records», l’organisation rappelle que la tendance est la même dans de nombreux pays de l’OCDE. Et «le mode de financement du logement en France est sans doute de nature à limiter, relativement à d’autres pays, la transmission de la politique monétaire au cycle économique ainsi que les effets de richesse liés aux fluctuations des prix immobiliers», souligne l’organisation.
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