L’Italie va réduire ses appels au marché d’ici à fin 2012

Après le succès inattendu du placement de BTP Italia, Rome a couvert 84% de ses besoins. Les taux à 10 ans sont au plus bas depuis juin 2011
Alexandre Garabedian

Le Trésor italien se prépare une fin d’année tranquille. Maria Cannata, responsable de la gestion de la dette italienne, a annoncé une baisse du montant des adjudications d’ici à fin 2012, après le succès du placement de BTP Italia, des titres à 4 ans destinés au marché domestique des particuliers. L’Italie a levé 18 milliards d’euros dans cette opération qui s’est étalée sur quatre jours, contre 9 milliards lors des deux précédentes, soit quatre fois plus que le montant attendu.

«Il n’y aura pas de grands changements dans le calendrier des adjudications mais nous devrons apporter des révisions à la quantité à émettre et aux instruments concernés», a indiqué Maria Cannata à CNBC. Le Trésor italien avait récemment augmenté sa prévision d’émissions (court terme inclus) en 2012 de 440-450 milliards à 460-465 milliards d’euros en raison de la récession, avec un effort sur les points 3 ans et 5 ans de la courbe.

Sur la dette moyen long terme, les besoins bruts sont estimés à 210-220 milliards cette année et à 190-200 milliards en 2013. Le pays a émis 187 milliards et il ne lui reste plus que 35 milliards à lever, soit 16% de son programme 2012, selon RBS, qui inclut les 5,7 milliards de contribution au capital du Mécanisme européen de stabilité. Les BTP Italia étant indexés sur l’inflation, la part des linkers dans les émissions brutes approche 20% cette année, contre 8,8 % pour la France.

Le succès du BTP Italia repose avant tout sur les particuliers, mais «les deux derniers jours, la demande institutionnelle a fait un bond absolument inattendu», selon Maria Cannata. Malgré la liquidité moindre de ce produit, «les investisseurs institutionnels qui y ont accès et qui sont positifs sur l’Italie devraient le privilégier par rapport aux BTP classiques et aux BTPei», indexés sur l’inflation en zone euro, estime même Anton Heese, stratégiste taux chez Morgan Stanley. Les «Italia» sont en effet peu chers, offrent un versement tous les six mois, ainsi qu’une protection contre la déflation.

La réussite du placement s’explique aussi par l’amélioration du sentiment sur l’Italie. Le rendement à 10 ans est tombé vendredi à 4,73%, son plus bas niveau depuis juin 2011, et le 2 ans traite à 2%. Le sort de Rome reste cependant lié à celui de Madrid. Le spread à 10 ans entre les deux souverains était de 55 points de base vendredi, et oscille autour d’une moyenne de 66 pb depuis fin août.

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