L’Italie profite de la baisse des tensions pour émettre à plus long terme
L’effet bénéfique des annonces des dernières semaines pour les pays européens périphériques s’est confirmé hier. Le Trésor italien est parvenu à placer 4 milliards d’euros de titres à trois ans, avec un rendement de 2,75% contre 4,65% lors de la dernière adjudication de même type mi-juillet. Le pays a aussi placé pour un milliard d’euros de papier arrivant à maturité en 2017 et pour 1,5 milliard d’euros d’obligations à échéance 2026, à un taux de 5,32% contre 5,9% lors de la dernière opération comparable qui remonte à plus d’un an, soit juillet 2011.
L’Italie a bénéficié d’une baisse de ses rendements depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu’elle pourrait intervenir sur le marché secondaire de la dette des Etats en difficulté pour faire baisser leurs coûts de financement. Le programme baptisé Outright Monetary Transactions (OMT) est limité à la dette inférieure ou égale à trois ans mais selon les analystes de Crédit Agricole CIB, l’émission d’aujourd’hui vient confirmer «l’intérêt pour les papiers périphériques dont la maturité est supérieure au seuil de trois ans de l’OMT». Ces pays ont aussi bénéficié de l’annonce de la validation du Mécanisme européen de stabilité par la Cour constitutionnelle allemande et du résultat plutôt rassurant des élections néerlandaises. Hier, le taux à 10 ans italien est passé sous les 5%.
«La bonne nouvelle c’est que l’Italie revient sur des maturités un peu plus longues», estime Cyril Regnat, chez Natixis. Le stratégiste fait remarquer que, notamment, face à la montée des rendements, le Trésor italien a revu sa stratégie d'émission en 2012. La maturité moyenne du programme de financement du pays est passée d’environ 7 ans l’année dernière à 5 ans cette année. Alors que le coût moyen des émissions françaises est de 2,05% pour 2012 à ce jour, elle est de 4,7% pour l’Italie sur la même période. Un chiffre à comparer avec les 4,5% de l’année 2011.
«La différence n’est pas énorme mais on peut imaginer que l’écart à maturité constante aurait été certainement supérieur, c’est vraiment grâce à ce changement de stratégie et à l’augmentation des émissions sur les maturités courtes qu’au final l’Italie réussit à limiter un peu la casse», assure Cyril Regnat. L’Italie, qui complète généralement son programme de financement un peu plus tardivement que les autres pays a déjà réalisé 75% de celui-ci (contre 77% environ pour l’Espagne).
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros. -
Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Le Comité d’alerte des finances publiques s’est conclu sur la décision de réaliser 5 milliards d’euros d’économies supplémentaires, après les 6 milliards déjà mis en œuvre depuis avril, mais le déficit pourrait s’alourdir plus que prévu. -
L’Agence française anticorruption multiplie les actions dans le public et le privé
Les condamnations en matière d’atteinte à la probité ne cessent d’augmenter. Près d’une sur deux concerne les collectivités territoriales. L’Agence française anticorruption (AFA) a mené l’an dernier deux fois plus d’actions de sensibilisation à l’égard des acteurs publics. -
Tandis que Proxima lève 411 millions d'euros, la France se laisse distancer dans la fusion nucléaire
Valorisée 2,4 milliards d'euros, la start-up bavaroise attire Google et RWE à son capital lors d'un tour mené par XTX Ventures et East X Ventures. Ses rares homologues françaises, elles, peinent à dépasser quelques dizaines de millions.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027 -
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée