L’Italie paie le prix fort pour arriver à convaincre les investisseurs

Elle a placé trois milliards d’euros de titres à cinq ans avec un rendement de 6,3 %, en hausse par rapport à la dernière adjudication
Solenn Poullennec

Le Trésor Italien a remporté une partie. Lui qui avait décidé de maintenir l’émission malgré la flambée des taux la semaine dernière a réussi à placer la quantité maximum de titres à cinq ans qu’il s’était fixée, soit trois milliards d’euros. Le prix payé reste très élevé puisque que le rendement des titres cédés hier était de 6,29%.

«A court terme, le problème n’est pas tant le coût de financement du pays, il est de savoir s’il y a bien des acheteurs de dette italienne», assure Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis. De ce point de vue, l’émission est un succès. Alors que les banques européennes se sont délestées de leurs titres italiens ces derniers mois, toutes les obligations ont trouvé preneur hier. Le ratio de couverture était même de 1,47 contre 1,34 lors de la dernière émission comparable en octobre.

Le rendement reste cependant très élevé par rapport au mois dernier où il était de 5,32%. Après avoir atteint jusqu’à 7,8% la semaine dernière, le taux à cinq ans est redescendu à 6,32% vendredi mais remontait à 6,6% hier après-midi. «C’est peut-être lié à l’absence d’intervention massive de la BCE mais a priori c’est aussi dû à la dégradation générale des conditions de marché», avance Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.

Le nouveau président du Conseil italien, Mario Monti, devrait faire approuver le gouvernement qui doit succéder à celui de Silvio Berlusconi d’ici à vendredi. «Un gouvernement technocratique devrait avoir plus de chances de faire approuver des réformes structurelles par le parlement […] mais il faudra du temps pour que l’Italie regagne la confiance des marchés», préviennent les analystes de Barclays Capital.

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