L’Italie menace de faire vaciller la zone euro
C’est le moment de vérité pour la zone euro. Le scénario a longtemps été écarté, mais avec le basculement de l’Italie en zone rouge, l’explosion de la zone euro fait aujourd’hui parti du champ des possibles. Paris et Berlin évoquent d’ailleurs les possibilités d’un changement de cap radical dans le fonctionnement de la zone qui s’articulerait autour d’un noyau fédéral constitué de pays désireux d’intégrer leurs politiques fiscales et économiques.
Selon une source officielle allemande citée par Reuters, il s’agit de construire une zone euro plus homogène, si besoin en acceptant que certains pays en sortent, parlant d’une seule voix et libérée de la règle paralysante de l’unanimité. Le parti de la chancelière (CDU) pourrait adopter une motion à son congrès annuel la semaine prochaine permettant une sortie de la zone euro pour le Etats européens qui le souhaitent ou qui ne sont pas aptes à se conformer aux règles régissant la monnaie unique, selon Bloomberg qui cite Norbert Barthle, un membre éminent de la CDU.
Le chef de l’Etat français avait ouvert la porte mardi à l’idée d’une Europe à deux vitesses. «Clairement, il y aura deux vitesses européennes : une vitesse vers davantage d’intégration dans la zone euro et une vitesse plus confédérale dans l’Union européenne» a déclaré Nicolas Sarkozy. Hier, c’est Angela Merkel qui appelait à une vaste réforme des traités européens. Le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, avait considéré à la réunion du 3 novembre qu’il n’était pas illégitime de se demander la Grèce a toujours sa place dans la zone euro.
L’Italie est aujourd’hui «too big to fail». Carlos Costa, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a indiqué cette nuit que l’institution avait atteint les limites «de sa capacité d’intervention» pour endiguer la crise de la dette. Barack Obama a pourtant exhorté l’UE à envoyer un message clair aux marchés pour endiguer la crise italienne. Et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d’exhorter l’Allemagne à assumer son rôle de première puissance économique de l’Union en œuvrant à la résolution de la crise.
La société de gestion GaveKal estime qu’une dévaluation de 40% serait nécessaire à l’Italie pour restaurer sa compétitivité et redresser ses finances publiques. Après avoir chuté à 1,3515, l’euro remontait à 1,3542 à Tokyo.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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