L’Italie menace de faire vaciller la zone euro

L’Allemagne et la France envisageraient de pousser certains pays vers la sortie sans remettre en cause leur appartenance à l’Union européenne
Patrick Aussannaire

C’est le moment de vérité pour la zone euro. Le scénario a longtemps été écarté, mais avec le basculement de l’Italie en zone rouge, l’explosion de la zone euro fait aujourd’hui parti du champ des possibles. Paris et Berlin évoquent d’ailleurs les possibilités d’un changement de cap radical dans le fonctionnement de la zone qui s’articulerait autour d’un noyau fédéral constitué de pays désireux d’intégrer leurs politiques fiscales et économiques.

Selon une source officielle allemande citée par Reuters, il s’agit de construire une zone euro plus homogène, si besoin en acceptant que certains pays en sortent, parlant d’une seule voix et libérée de la règle paralysante de l’unanimité. Le parti de la chancelière (CDU) pourrait adopter une motion à son congrès annuel la semaine prochaine permettant une sortie de la zone euro pour le Etats européens qui le souhaitent ou qui ne sont pas aptes à se conformer aux règles régissant la monnaie unique, selon Bloomberg qui cite Norbert Barthle, un membre éminent de la CDU.

Le chef de l’Etat français avait ouvert la porte mardi à l’idée d’une Europe à deux vitesses. «Clairement, il y aura deux vitesses européennes : une vitesse vers davantage d’intégration dans la zone euro et une vitesse plus confédérale dans l’Union européenne» a déclaré Nicolas Sarkozy. Hier, c’est Angela Merkel qui appelait à une vaste réforme des traités européens. Le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, avait considéré à la réunion du 3 novembre qu’il n’était pas illégitime de se demander la Grèce a toujours sa place dans la zone euro.

L’Italie est aujourd’hui «too big to fail». Carlos Costa, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a indiqué cette nuit que l’institution avait atteint les limites «de sa capacité d’intervention» pour endiguer la crise de la dette. Barack Obama a pourtant exhorté l’UE à envoyer un message clair aux marchés pour endiguer la crise italienne. Et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, d’exhorter l’Allemagne à assumer son rôle de première puissance économique de l’Union en œuvrant à la résolution de la crise.

La société de gestion GaveKal estime qu’une dévaluation de 40% serait nécessaire à l’Italie pour restaurer sa compétitivité et redresser ses finances publiques. Après avoir chuté à 1,3515, l’euro remontait à 1,3542 à Tokyo.

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