L’Italie face au verdict du marché
Chargé hier soir par le président Napolitano de former un nouveau gouvernement, l’ancien commissaire européen Mario Monti va être confronté à la réaction du marché obligataire. L’Italie doit émettre dans la journée 3 milliards d’euros à 5 ans après avoir vu le rendement attaché à cette maturité culminer à plus de 7,8% la semaine dernière. Dès sa nomination, Mario Monti a tenté de rassurer. «L’Italie traverse une période délicate, le pays est en mesure de surmonter ses difficultés», a affirmé le dirigeant.
Dès hier soir, les discussions ont débuté en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, notamment par des entretiens avec les présidents du Sénat et de la chambre des députés, Renato Schifano et Gianfranco Fini. Après l’annonce de sa nomination par le palais du Quirinal, Mario Monti a promis de mener ces consultations «avec un sens de l’urgence mais avec soin». Alors que le président Giorgio Napolitano a réclamé «un effort politique extraordinaire» pour surmonter la crise financière, la chancelière allemande Angela Merkel a dit espérer un retour de la confiance en Italie, ce qui est crucial pour un retour au calme de l’ensemble de la zone.
De source politique citée par Reuters, une liste d’une douzaine de ministres devrait être dévoilée très prochainement. Le but de ce nouveau gouvernement, d’essence technocratique, sera «d’assainir la situation financière et de reprendre le chemin de la croissance dans un contexte d’attention accrue à la justice sociale», a indiqué Mario Monti. «Nous le devons à nos enfants», a ajouté l’ancien commissaire européen, souvent décrit comme l’anti-Berlusconi.
Il disposera en théorie d’un an et demi pour mener à bien les réformes, les prochaines élections législatives étant prévues en 2013. Mais pour cela, il devra se constituer une réserve de voix suffisante au Parlement. La Ligue du Nord a déjà affiché son hostilité. Le ministre de l’Intérieur sortant, Roberto Maroni, a estimé hier qu’avec «une majorité si hétérogène, il [Mario Monti] aura beaucoup de problèmes».
Le Peuple de la liberté (PDL), le parti de centre droit de Silvio Berlusconi, a apporté son soutien à un gouvernement dirigé par Mario Monti, à condition qu’il applique les réformes décidées par l'équipe sortante avec l’Union européenne. La démission du Cavaliere, sous les huées de Romains, avait été actée samedi soir après le vote par le Parlement de la loi de stabilité financière. Mais dans une allocution télévisée diffusée hier, le président du Conseil sortant a défendu son bilan, soulignant que l’Italie devait faire face à une crise qui n’est pas née sur son sol.
L’objectif du gouvernement Monti d’un retour de la confiance sera mis sous pression dès aujourd’hui avec l'émission de trois milliards d’euros d’emprunts d’Etat à cinq ans. Une opération qui sera scrutée après le placement la semaine dernière de cinq milliards d’euros de titres à un an, ce qui avait contribué à stabiliser les rendements obligataires sous le seuil critique des 7%. Mais si Mario Monti bénéficie d’un état de grâce, il faudra que son action produise rapidement des effets. L’Italie fait en effet face à une lourde échéance : le pays devra refinancer plus de 300 milliards d’euros de dette sur la seule année 2012.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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