L’Italie est l'épicentre des inquiétudes sur la dette européenne
Pressé par la France et l’Allemagne, Silvio Berlusconi doit trouver un accord avec la Ligue du Nord sur la réforme des retraites avant mercredi
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Patrick Aussannaire
Réduire le déficit tout en relançant la croissance: telle est l’équation qu’il est demandé à Silvio Berlusconi de résoudre. Prié par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy de prendre de nouvelles mesures budgétaires, le premier ministre italien a réuni son gouvernement en urgence cette nuit. Aucun compromis ne semble cependant avoir été trouvé avec le parti de la Ligue du Nord, alliée indispensable du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, hostile à la réforme des retraites. Une autre réunion est prévue aujourd’hui pour que le plan soit approuvé avant la fin du sommet européen demain.
Or, le premier ministre en a fait un objectif pour répondre aux injonctions européennes. Dans un lettre adressée au gouvernement italien en août, la BCE avait décrit les mesures adoptées par Rome comme «un pas important, mais pas suffisant», appelant à prendre de nouvelles mesures visant à libéraliser le marché du travail ainsi que le secteur public. Grâce à ces mesures, «l’Italie devrait figurer parmi les rares emprunteurs obtenant des excédents primaires en 2011» estime BNP Paribas.
Mais, comme le rappelle le porte-parole d’Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques, «il ne s’agit pas seulement d’austérité. Il s’agit également d’augmenter la croissance potentielle». BNP Paribas prévoit une croissance de 0,6% cette année et de 0,2% en 2012.
La BCE a pourtant intensifié ses rachats de dette souveraine sur le marché la semaine dernière, à 4,49 milliards d’euros, contre 2,24 milliards la semaine précédente, portant le total des rachats à 169,5 milliards depuis la réactivation du programme SMP le 8 août dernier. Malgré cela, le rendement des obligations italiennes à 10 ans (BTP) s’est tendu de 4 bp hier à 5,93% et le spread avec le Bund allemand s’est écarté de 8 bp à 387 bp. L’Italie a pour le moment réalisé 86% de son programme d’émission de l’année, et devra encore faire face à des tombées volumineuses de 21,4 milliards d’euros, dont 19,5 milliards en novembre.
Les encours de dette italienne de 1.800 milliards d’euros font peser un risque systémique sur la zone euro. Or, les récentes tensions avec la France et l’Allemagne ne sont pas de bon augure. «La crédibilité du plan européen passe par une possibilité pour les Etats européens d’intervenir afin de réduire le risque sur la dette italienne» estime Aurel BGC.
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