L’Italie entend allonger la maturité de sa dette

Le Trésor, qui a publié les principes de sa politique d'émission 2015, veut profiter de la quête de rendement des investisseurs sur la partie longue de la courbe.
Alexandre Garabedian

A l’image de ses pairs européens, le Trésor italien compte bien profiter de l’appétit des investisseurs pour les maturités longues dans un contexte de taux historiquement bas. Les grands principes de son programme de financement pour 2015, publiés à la veille de Noël, prévoient ainsi une extension de la maturité moyenne de la dette, qui a été stabilisée à 6,33 ans à fin novembre. «Les rendements bas contribueront à déplacer la demande pour les emprunts d’Etat sur tout le spectre des maturités», soulignent les stratégistes taux d’UniCredit.

Sans compter que l’Italie trouvera un soutien appréciable en la personne de la BCE si la banque centrale se décide à lancer un programme d’achat de dettes souveraines.

En 2014, l’Italie est parvenue à se financer à un coût moyen pondéré de 1,35%, en incluant les bons du Trésor. En un an, le rendement à 10 ans italien s’est resserré de 200 points de base, pour évoluer hier autour de 1,83%. Le taux 2 ans a touché en septembre un point bas à 0,229%, avant de remonter vers 0,46%. L’aplatissement de la courbe a permis l’an dernier au pays d’émettre régulièrement à 7 et 10 ans, de lancer un nouvel emprunt de référence à 15 ans et d’abonder plusieurs fois sa souche à 30 ans.

Selon UniCredit, l’Italie pourrait lancer un nouveau benchmark à 30 ans dès le premier trimestre: la banque attend 10,5 milliards d’euros d’émissions cette année sur ce point de la courbe, contre 6,5 milliards en 2015. A l’inverse, le Trésor entend réduire ses adjudications d’emprunts classiques (BTP) à 3 ans et 5 ans, aussi bien en valeur absolue qu’en proportion des émissions brutes totales de l’année. Le stock de bons du Trésor, qui a diminué de 15 milliards en 2014, devrait quant à lui rester stable.

Le Trésor italien n’a pas encore livré les détails financiers de son programme. Le pays devra faire face cette année à d’importantes tombées de dette moyen/long terme, de 204 milliards d’euros, mais concentrées sur l’été et sur la fin de l’année (45 milliards en décembre). Selon les stratégistes UniCredit, le programme à moyen-long terme du pays devrait se monter à 260 milliards d’euros. Ce qui continue à faire de l’Italie le premier émetteur souverain de la zone euro, loin devant la France.

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