L’Italie arrache un compromis de rigueur avant l’épilogue européen
Le chef de file de la Ligue du Nord a annoncé hier soir qu’un accord avait été trouvé in extremis avec Silvio Berlusconi sur la réforme des retraites
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Patrick Aussannaire
L’Italie a fait sa part du travail. Prié par Paris et Berlin de trouver un plan solide permettant de redresser la croissance et de réduire la dette, Silvio Berlusconi a réussi à arracher in extremis un accord avec ses alliés sur le report de l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans avec un abandon de la séniorité. «Au final, nous avons trouvé une issue. Maintenant, nous allons voir ce que l’UE en dit», a déclaré hier le chef de file de la Ligue du Nord, Umberto Bossi. Un train de mesures, incluant l’accélération du programme de privatisations, pourrait venir compléter le plan qui sera présenté à l’occasion du Conseil européen qui se tient aujourd’hui.
Un compromis qui s’est néanmoins fait au prix d’un double risque politique. Intérieur d’abord puisque Silvio Berlusconi a indiqué que la coalition au pouvoir pourrait ne pas y survivre. Mais européen également, le président du Conseil ayant mal vécu la pression exercée par le couple franco-allemand. La nomination d’Ignazio Visco à la tête de la Banque Centrale Italienne avait déjà refroidi les relations entre Paris et Rome. Et le président italien, Giorgio Napolitano, de rappeler à l’ordre ses partenaires européens en indiquant qu'«aujourd’hui plus que jamais, nous sommes sur le même bateau dans une mer en tempête».
Le programme d’austérité de 60 milliards d’euros visant à ramener l’équilibre budgétaire dès 2013 et la réactivation du programme SMP de la BCE n’ont pas empêché le taux italien à 10 ans de revenir vers les 6%, soit un écart de 389 bp avec le Bund allemand. Les inquiétudes des marchés se concentrent sur la faiblesse de la croissance, alimentées par la résistance de l’euro, à 1,3906. L’Italie aurait même déjà replongé en récession au troisième trimestre. «La hausse de l’EUR-USD résulte d’une rechute du dollar et non d’une amélioration des fondamentaux européens» estime Natixis, qui anticipe une croissance de seulement 0,8% en 2012 «face aux durcissements des politiques budgétaires».
Aux dirigeants européens de livrer un plan permettant de rassurer sur un potentiel sauvetage des maillons faibles. L’Europe doit «livrer sur les engagements pris» a alerté le secrétaire d’Etat américain au trésor, Timothy Geithner. Mais les accords finaux ne comprendraient aucun engagement chiffré sur l’augmentation de la taille de l’EFSF et aucun accord n’aurait été trouvé sur la décote encaissée par les créanciers privés sur la dette grecque, selon le Financial Times.
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