L’Italie approche de la moitié de son programme de financement pour 2012

Le Trésor a réussi ses émissions à 5 et 10 ans en consentant une rémunération élevée. Les marchés de taux attendent l’issue du sommet européen
Violaine Le Gall

Rome a sollicité hier les marchés avant que le sommet européen ne débute dans l’après-midi. Compte tenu de l’incertitude sur les mesures qui seront annoncées par les dirigeants de la zone euro, l’Italie a, une nouvelle fois, dû consentir des rendements particulièrement élevés pour satisfaire les investisseurs. Les titres à 5 ans, pour 2,5 milliards d’euros, ont été mis à prix à 5,84%, le niveau le plus élevé depuis une adjudication de décembre 2011. Les obligations à 10 ans ont offert une rémunération de 6,19%.

Le couple rendement/risque semble toujours attirer certains investisseurs. Les ratios de couverture sont en effet plus élevés que lors des précédentes adjudications sur les mêmes maturités. Sur l'émission à 5 ans, ce ratio ressort à 1,5 et sur celle à 10 ans, à 1,28. Sur le marché secondaire, le taux d’intérêt à 10 ans était stable hier à 6,17%. Entre novembre 2011 et février 2012, il était tombé de 7,2% à 4,53%, sous l’effet positif des injections de liquidités (LTRO) à trois ans de la Banque centrale européenne.

A la suite de l’opération d’hier, le Trésor italien a réalisé 45% de son programme de financement pour 2012. Celui-ci est le plus élevé de la zone euro en montant, à 242 milliards d’euros, contre 178 et 182 milliards d’euros pour la France et l’Allemagne respectivement, et 86 milliards d’euros pour l’Espagne.

Compte tenu du montant global à émettre et des conditions difficiles de marché, l’Italie est plutôt en retard par rapport aux autres pays de la zone euro. La France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne sont en tête avec plus de 60% de leurs programmes déjà réalisés, d’après la recherche taux de Natixis. L’Allemagne, dont les titres souverains profitent pourtant de leur statut de valeur refuge, n’a réalisé que 45% de son programme, comme l’Italie.

Le mois de juillet sera marqué par un flux très important de remboursements dans la zone euro. Ils dépasseront 100 milliards d’euros sur l’ensemble du mois, ce qui fait de juillet la période la plus intense en termes de tombées. Reste à savoir dans quels actifs les porteurs d’obligations replaceront les liquidités qu’ils recevront. Dans le cas des investisseurs domestiques, ces remboursements devraient faciliter le placement des papiers espagnols et italiens, sauf si les marchés connaissent un nouvel accès de fièvre.

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