L’Islande serait disposée à tendre la main aux créanciers de ses banques nationalisées
Reykjavik souhaiterait ainsi franchir une étape importante dans la normalisation de ses relations avec les marchés de capitaux
Publié le
Benoît Menou
Le gouvernement islandais serait prêt à inviter les créanciers de ses banques placées sous tutelle publique à la table des négociations. Bloomberg avance de sources proches du dossier que les discussions pourraient débuter au cours du mois à venir.
Il s’agirait d’un pas important franchi par les autorités de Reykjavik, qui ont toujours rejeté les appels lancés par les créanciers, au premier rang desquels des fonds alternatifs comme Davidson Kempner Capital Management ou Taconic Capital Advisors. Ces derniers, dans l’espoir de jours meilleurs, avaient acquis de la dette auprès de créanciers ayant perdu trois quarts de leur mise à l’occasion de la chute en 2008 de Kaupthing Bank, Glitnir Bank et Landsbanki, qui avaient fait défaut sur une dette totale de 85 milliards de dollars. Les obligations émises par les trois banques se négocient actuellement à respectivement 24, 29 et 5 cents pour un dollar de valeur faciale.
Le pays avait mis en place en 2008 un strict contrôle des changes en vue d’éviter la fuite des capitaux. Le scénario désormais envisagé par le gouvernement, selon les sources citées par Bloomberg, voudrait que les créanciers prennent le contrôle de holdings détenant les actifs des banques, actifs dont la majeure partie n’est pas libellée en couronnes islandaises. Les fonds affichent clairement leur souhait de voir le gouvernement leur permettre de passer outre le contrôle des changes, sans retour positif pour l’instant. En janvier dernier encore, le Premier ministre Sigmundur Gunnlaugsson a assuré qu’un tel arrangement n’était «pas viable».
L’apaisement recherché aujourd’hui par Reykjavik pourrait se concrétiser au moment où l’économie islandaise confirme son orientation favorable. La banque centrale a hier relevé d’un point sa prévision de croissance pour cette année, à 3,7% (contre 3,3% en 2013). La croissance pourrait s’élever à 3,9% l’an prochain. Et après trois ans au-dessus de l’objectif officiel de 2,5%, l’inflation est repassée sous ce seuil depuis février.
«De plus, le marché du travail continue de se reprendre», selon la banque centrale, qui a tout de même maintenu inchangé son principal taux directeur à 6,0% sur fond d’anticipations concernant l’inflation à long terme toujours quelque peu supérieures à l’objectif.
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