L’Isda travaille à une nouvelle référence pour le marchés des dérivés
L’organisation aimerait que l’Isdafix soit désormais élaboré sur la base de transactions réelles plutôt que sur les contributions des banques
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Solenn Poullennec
L’organisation des professionnels des dérivés, l’Isda (International Swaps and Derivatives Association) cherche à élaborer un nouveau taux de référence pour le marché des swaps qui serait basé sur des transactions réelles. Une façon de tirer les leçons du scandale de la manipulation des taux.
Barclays, RBS et UBS, ont déjà dû s’acquitter de quelque 2,6 milliards de dollars d’amende après la révélation de tentatives de manipulations des taux interbancaires, Libor et Euribor, qui servent de référence à des centaines de milliers de milliards de contrats. Le calcul de ces indices, basés sur les déclarations des banques et non pas sur des transactions réelles a depuis été largement remis en cause.
Lors de la conférence annuelle de l’Isda à Londres, les représentants ont expliqué qu’ils cherchaient à calculer leur référence actuelle, l’Isdafix, à partir de données obtenues auprès de plates-formes alternatives. L’Isdafix fait lui-même l’objet d’une enquête de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine et de l’autorité de régulation britannique, la Financial Conduct Authority (FCA).
Le projet de refonte pourrait se concrétiser au premier trimestre de l’année prochaine pour le marché des swaps en euros et dans le restant de l’année 2014 pour les swaps en dollars et en livres. Selon International Financing Review (IFR), les premiers tests ont révélé que les plates-formes étaient quasiment toujours capables de fournir les données disponibles. Surtout, les données obtenues se sont révélées cohérentes avec celles établies sur la base des contributions des banques.
Alors que les régulateurs internationaux plaident pour le développement de benchmarks basés sur des transactions réelles, les représentants de l’Isda ont reconnu que la tâche était difficile. «Le procédé est en place et même s’il est similaire au Libor, il est probablement plus facile à ajuster étant donné qu’il y a un réel marché des swaps et des centaines de milliers d’opérations qui se dirigent vers les lieux de négociation centralisée», a expliqué le président de l’Isda, cité par IFR.
Les banques européennes, qui ont tendance à délaisser l’Euribor, travaillent actuellement avec la Banque centrale européenne (BCE) à l’élaboration d’une référence alternative, basée sur des transactions réelles. Elle pourrait être lancée en 2014.
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