Lisbonne maintient le cap malgré la révision en hausse du déficit
Le déficit a atteint 9,8 % du PIB en 2010 au lieu des 9,1 % annoncés, et s'élevait à 8,8 % fin juin. Mais le Portugal vise toujours 5,9 % fin 2011
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Alexandre Garabedian
Madère est connue pour son vin, moins pour ses déficits cachés. Des dépenses non comptabilisées de l’archipel entre 2008 et 2010 ont pourtant forcé vendredi le Portugal à réviser en hausse son déficit de l’exercice écoulé. Découverts mi-septembre, les petits secrets de Madère ont porté le déficit à 9,8% du PIB au lieu des 9,1% initialement annoncés.
Le redressement des finances publiques en 2011 reste par ailleurs compliqué. Sur 12 mois glissants, le déficit du Portugal s’est établi à 8,8% du PIB à fin juin, contre 9,3% à fin mars, selon les statistiques nationales publiées le 30 septembre. «Les chiffres ne sont pas aussi prometteurs que nous l’espérions», avait souligné le nouveau Premier ministre Pedro Passos Coelho quelques heures avant leur publication.
Malgré ces deux déceptions, le pays n’entend pas dévier de sa route. L’objectif est toujours de respecter le ratio de dette/PIB de 5,9% fin 2011, fixé par les bailleurs de fonds internationaux – Union européenne et FMI – dans le cadre du plan de soutien de 78 milliards d’euros décidé en mai. Et le pays maintient sa prévision de dette à 100,8% du PIB en fin d’année.
«Le fait que l’exécution budgétaire soit en deçà des attentes constitue bien sûr un risque supplémentaire, mais les mesures de rigueur déjà annoncées ont dû prendre en compte cette performance moins positive», estimait vendredi Teresa Gil Pinheiro, économiste de BPI citée par Reuters. Le nouveau gouvernement de centre droit a en effet annoncé, après son arrivée au pouvoir en juin, de nouvelles mesures d’austérité dont certaines vont au-delà de la feuille de route fixée par le plan de sauvetage.
Dans un rapport d’étape publié le 13 septembre, le FMI soulignait pour sa part que les risques liés aux turbulences de l’été ne nécessitaient pas, à ce stade, de revoir le programme d’aide. «Contrairement aux plans de sauvetage mis en place pour la Grèce et l’Irlande, le programme du Portugal a l’air bien dimensionné, notent les économistes de SG CIB. La troïka a retenu la leçon, d’où une prévision de croissance négative pendant deux ans et pas de retour prévu sur les marchés avant 2013».
Lisbonne continue par ailleurs à se financer à court terme sur les marchés. L’agence de la dette prévoit entre 4,25 et 7,5 milliards d’euros d’émissions de bons du Trésor au dernier trimestre, dont 500 à 750 millions à 3 mois vendus ce mercredi.
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