L’Irlande veut un filet de sécurité pour réussir son retour sur les marchés
L’Irlande prépare soigneusement l’issue de son plan de sauvetage à la fin de l’année et son retour sur les marchés. Le gouvernement du pays qui a reçu quelque 85 milliards d’euros d’aide de l’Union et du Fonds monétaire international (FMI) en novembre 2010 a déclaré vouloir obtenir une ligne de crédit de précaution.
«Ce que j’aimerais avoir est un pare-feu qui rassurerait les marchés», a déclaré le ministre des finances irlandais, Michael Noonan, jeudi dernier. Et de préciser: «Ce serait de préférence un pare-feu que nous n’utiliserons jamais». Ce type d’aide permettrait de lancer, le cas échéant, des rachats de dette souveraine par la Banque centrale européenne (BCE), dans le cadre de son programme OMT (outright monetary purchases). Un responsable du FMI a déclaré que l’Irlande pourrait formaliser sa demande d’aide en octobre.
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui a remplacé le FESF peut accorder deux types de soutien préventif pour un maximum de deux ans : les lignes de crédit de précaution et les lignes de crédit avec des conditions renforcées. Ces dernières supposent que le pays bénéficiaire, placé sous surveillance étroite de ses bailleurs de fonds, s’engage à corriger les problèmes qui auront été identifiés. Michael Noonan a d’ores et déjà assuré que des mesures budgétaires supplémentaires ne seraient pas nécessaires à une nouvelle aide et que le pays s’est engagé à mener des stress tests sur ses banques au premier semestre 2014.
La semaine dernière, la Troïka, concluait son 11e examen de la situation de l’Irlande en estimant que la croissance devrait être légèrement positive cette année, que l’économie se stabilisait et que son programme d’aide «était dans les clous». Le pays a pu bénéficier d’une extension de la maturité des prêts accordés dans le cadre du plan de sauvetage. Les taux se sont détendus, passant de 15,2 % en juillet 2011 à 3,8% aujourd’hui, et l’Irlande a déjà pu lever 5 milliards d’euros de titres à dix ans en mars.
La Troïka prévient cependant que les progrès réalisés sont fragiles. L’activité économique a été moins forte que prévu et les efforts de consolidation doivent se poursuivre alors que le déficit représentait 7,6% fin 2012. En un an, à fin mars, la dette est passée de 106,8% à 125,1% du PIB. La Troïka recommande particulièrement de s’attaquer au problème des prêts douteux dans les banques et au haut niveau de chômage de 13,7%.
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