L’Irlande veut prouver que le sauvetage d’un Etat européen est possible
Le gouvernement confirme ses objectifs de déficit pour 2012 et réclame le droit de bénéficier du FESF pour réduire ses coûts de financement
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Patrick Aussannaire
L’Irlande veut montrer le chemin. Le ministre des Finances, Michael Noonan, a confirmé son objectif de réduction du déficit à 8,6% du PIB en 2012, contre un déficit estimé à 10% du PIB cette année et 12% en 2010. Il a cependant déclaré que sa prévision d’une croissance de 2,5% en 2012 sera revue à la baisse. Or, il estime qu’une réduction d’un point de pourcentage de PIB entraîne une perte de recettes fiscales de 800 millions d’euros. Si l’économie irlandaise pâtit du ralentissement de la croissance mondiale, elle bénéficie néanmoins de l’affaiblissement actuel de l’euro. «Il est vrai que l’Irlande bénéficie de l’affaiblissement actuel de l’euro dans la mesure où nos principaux partenaires commerciaux sont des pays dont la devise est soit le dollar soit la livre sterling».
D’ailleurs, le FMI a confirmé dans la journée hier que Dublin ne devait pas prendre de nouvelles mesures drastiques même si les perspectives de croissance pour 2012 sont moins favorables que prévu. Le gouvernement avait initialement estimé à 3,6 milliards d’euros les besoins complémentaires nécessaires pour atteindre les objectifs budgétaires fixés dans le cadre du plan d’aide international versé par l’UE et le FMI. Sur les neuf premiers mois de l’année, le déficit hors renflouement des banques, a été réduit de 3 milliards d’euros en un an grâce notamment à des recettes fiscales de 0,7% supérieures aux prévisions du gouvernement.
L’Irlande a renoué avec une croissance attendue à 0,9% en 2011 après un recul de 1% en 2010, et de 7,6% en 2009. Le vice-premier ministre, Eamon Gilmore, a prôné, selon le journal China Daily, un renforcement des relations commerciales avec la Chine, premier partenaire asiatique et huitième mondialement avec des échanges bilatéraux de 4,2 milliards d’euros en 2010. Une croissance et une crédibilité retrouvée a permis un reflux des taux irlandais à 10 ans de 14,22% en juillet à 7,7%.
Dans un entretien au Financial Times, Eamon Gilmore a plaidé pour bénéficier d’un accès au fonds de soutien européen afin de réduire ses coûts de financement du programme de sauvetage de ses banques sans impacter les créanciers seniors et augmenter ses chances d’ouvrir la voie à une résolution de la crise en zone euro. Une mesure qui permettrait d’alléger considérablement la facture d’intérêt estimée à 17 milliards sur 20 ans. «Je pense que le gain pour l’Europe est que l’Irlande est aujourd’hui le meilleur espoir de rédemption».
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