L’Irlande reste dans l’obligation de partager son fardeau bancaire

Angela Merkel rouvre la porte à une prise en charge partielle du sauvetage des banques irlandaises. Une nécessité si Dublin veut regagner accès au marché
Alexandre Garabedian

Enda Kenny reprend son bâton de pèlerin pour alléger le coût du sauvetage bancaire en Irlande. Le Premier ministre irlandais rencontrait hier François Hollande après avoir vu Angela Merkel dimanche.

Comme la chancelière allemande, le président français a estimé que l’Irlande «est un cas spécifique». Enda Kenny et Angela Merkel avaient réaffirmé « l’engagement du [sommet du] 29 juin de charger l’Eurogroupe d’examiner la situation du secteur financier irlandais afin d’améliorer le caractère soutenable du plan d’ajustement ».

La promesse du sommet de juin – recapitaliser directement les banques par les fonds européens pour trancher le lien entre risque bancaire et risque souverain – a ensuite été démentie par Berlin, qui ne veut pas assumer l’héritage du passé. «Il n’y aura aucune recapitalisation directe rétroactive», a même dit Angela Merkel le 19 octobre.

Pour Dublin, il s’agit d’un enjeu à 31 milliards d’euros, le montant des billets à ordre (promissory notes) utilisés pour renflouer les banques en 2010. Ce qui a fait gonfler d’un coup la dette de 20 points de PIB et oblige le Trésor à décaisser 3,1 milliards chaque année. Intérêts inclus, le coût du dispositif atteindrait 30 points de PIB.

Angela Merkel n’a pas précisé ce qui justifierait un traitement de faveur pour Dublin. Une chose est sûre, l’Irlande est le bon élève des pays sous programmes d’aide. Le compte courant est redevenu excédentaire, le PIB progresse (1,4% en 2011, 0,4% attendu cette année), et le dossier bancaire a été pris dès le départ à bras-le-corps là où l’Espagne tergiversait. Résultat, le rendement à 9 ans irlandais traite à 4,57%, et le Trésor a réussi cet été à lever 4,2 milliards d’euros auprès d’investisseurs. Une étape importante pour regagner un accès complet au marché, l’objectif de 2013.

Mais avec un déficit attendu à 8,3% cette année et une dette à 114% du PIB, la question bancaire demeure cruciale. Le communiqué du 29 juin avait suffi à détendre de 60 pb le taux à 9 ans. «La réouverture durable d’un accès au marché de la dette souveraine dépend de la capacité de l’Europe à partager le fardeau», estime Mark Wall, économiste chez Deutsche Bank.

Problème, rien ne dit que les propos d’Angela Merkel seront rapidement suivis d’effet. «Aucune recapitalisation directe de banque par le Mécanisme européen de stabilité n’interviendra avant les élections en Allemagne de l’automne 2013», estiment même les économistes de Citi.

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