L’Irlande fait volte-face et rallie l’accord sur la fiscalité internationale
Coup de théâtre. Jeudi soir, l’Irlande a mis fin jeudi à son opposition au projet de réforme mondiale de la fiscalité des entreprises, acceptant d’abandonner son taux d’imposition de 12,5% pour les multinationales. Ce qui pourrait donner un coup d’accélérateur à la création d’un plancher d’imposition à travers le monde.
Pays choisi par des multinationales comme Apple, Google et Facebook pour y installer leurs sièges en Europe du fait de son faible taux d’imposition, l’Irlande a d’abord refusé de signer l’accord obtenu en juillet dernier, sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), fixant un taux minimal d’imposition des entreprises «d’au moins» 15%. Un accord historique qui avait été avalisé par la quasi-totalité des 140 pays impliqués dans les négociations.
Il s’imposerait aux multinationales réalisant au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont beaucoup de grands groupes technologiques. Alors que les pays cherchent des fonds pour redresser leurs finances publiques mises à mal par la pandémie, cette réforme entend lutter contre l'évitement fiscal de multinationales. Maintenant, il est impossible pour les réfractaires, dont font partie l’Estonie et la Hongrie, d’empêcher les changements proposés.
Cette mention «au moins» a été retirée de la version du projet de l’OCDE mise à jour cette semaine. Ce qui a poussé Dublin à prendre une décision jusque-là inconcevable : abandonner son faible taux d’imposition local, qui a pourtant favorisé les investissements dans le pays pendant des décennies. «Se joindre à cet accord est une décision importante pour la prochaine étape de la politique industrielle de l’Irlande - une décision qui va garantir que l’Irlande fera partie de la solution», a déclaré le ministre des Finances Paschal Donohoe lors d’une conférence de presse.
Si l’Irlande avait maintenu son taux d’imposition de 12,5%, les multinationales y enregistrant des bénéfices auraient pu être contraintes, d’après les termes du projet, de payer ailleurs des impôts supplémentaires. Dublin a dit avoir reçu l’assurance de la Commission européenne que le taux d’imposition de 12,5% pourrait être maintenu en Irlande pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 750 millions d’euros.
Les 140 pays se réunissent vendredi afin de tenter d’entériner les derniers paramètres de la réforme, avant une réunion ministérielle des pays du G20 la semaine prochaine. L’objectif est une mise en application d’ici 2023.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing enregistre une perte trimestrielle moins importante que prévu
Les résultats du premier trimestre confirment les premiers signes d’amélioration opérationnelle de l’avionneur qui avaient été observés à la fin de l’année dernière. -
Le Livret A paie cash son rendement réel négatif
Depuis le début de l’année, le petit livret rouge affiche une décollecte de 3,1 milliards d’euros, contre une collecte positive de 1,73 milliard d’euros à la même période en 2025. La tendance pourrait toutefois s'inverser en août en cas de relèvement du taux. -
Quilvest vise 400 millions d’euros pour son nouveau fonds buyout
Le véhicule devrait réaliser une première clôture cet été. Il succède à un précédent millésime de 300 millions d'euros, désormais déployé à plus de 80 %. -
L'Allemagne divise par deux ses prévisions de croissance à cause de la guerre en Iran
Le gouvernement allemand vise désormais une hausse du PIB limitée à 0,5% cette année et une inflation de 2,7%. L'Italie a également réduit ses propres prévisions. -
Plusieurs fonds vont s'associer à OpenAI via une co-entreprise valorisée 10 milliards de dollars
TPG, Bain Capital, Advent, Brookfield et Goanna Capital misent 4 milliards, avec un rendement garanti de 17,5% par an, dans une structure dédiée au déploiement de l'IA au sein des entreprises, à commencer par les sociétés de leurs portefeuilles. -
Aberdeen pénalisé par le contexte géopolitique et des sorties nettes
Malgré ses résultats en demi-teinte au premier trimestre, le gestionnaire d’actifs britannique maintient ses perspectives pour 2026.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
AmbitieuxVentes d’armes : le Japon veut sa part du gâteau
Le gouvernement japonais autorise désormais l’exportation d’armes létales, renonçant ainsi à l’un de ses principes pacifistes -
MasterclassQuand Patrick Pouyanné et Bruno Retailleau volent au secours du marché électrique européen
La volatilité des marchés du gaz liée aux incertitudes géopolitiques fait craindre aux Européens des pics des prix de l’électricité -
FactureCrise énergétique : la Commission européenne tente de concilier urgence et long terme
Bruxelles ne veut pas sacrifier la transition énergétique sur l’autel des mesures de court terme