L’Irlande fait figure de bon élève parmi les pays périphériques
Standard and Poor’s estime que l’Irlande a une chance sur trois de redresser ses comptes publics plus rapidement que prévu. L’agence de notation a décidé vendredi de confirmer la note du pays à BBB+ mais a révisé sa perspective à positive. L’Irlande confirme ainsi son image de «bon élève» par rapport aux autres pays périphériques.
«Depuis le début de son programme en 2010, l’Irlande n’a pas dévié de ses objectifs budgétaires», affirme S&P. Fin novembre 2010, le pays a reçu une aide de l’Union européenne et du Fonds monétaire international de 85 milliards d’euros. A l’époque, sa dette équivalait déjà à 92% du PIB et elle est montée à 117,6% en 2012. Néanmoins, l’agence estime qu’elle devrait se réduire plus vite qu’anticipé, pour revenir à 112% du PIB dans trois ans.
La réduction de la dette publique pourrait être encore plus rapide si l’agence qui gère les actifs toxiques bancaires, la Nama, parvient à s’en défaire rapidement. S&P compte également sur la croissance pour stabiliser les comptes publics. «La reprise économique est en marche», assurent ses analystes, même s’ils s’attendent à ce que la croissance reste faible en 2013 et en 2014, en raison de la faiblesse persistante de la demande extérieure.
S&P pointe cependant du doigt la fragilité du secteur privé. «Même si l’accès du gouvernement aux marchés de capitaux internationaux s’est amélioré et si l’extension de la maturité des prêts du Fonds européen de stabilité financière (décidée en avril) a réduit ses besoins de financements à court terme, le secteur bancaire n’est retourné sur les marchés que récemment en émettant de la dette non sécurisée», écrivent les analystes.
Aux yeux de l’économiste de BNP Paribas, Colin Bermingham, la décision de S&P «pourrait encourager le gouvernement à rentrer sur le marché à la fin de l’année sans avoir besoin d’une ligne de crédit de précaution». Elle témoigne en tous cas «du processus de découplage actuel où l’Irlande est perçue plus positivement que les autres pays périphériques».
La Grèce (notée B-) peine à tenir ses objectifs de déficit tout comme le Portugal (noté BB), qui vit de plus une crise politique. L’Italie vient quant à elle d’être dégradée à BBB par S&P (avec perspective négative) en raison du niveau élevé de sa dette publique et de la faiblesse de l’activité économique. La note de l’Espagne, BBB-, est depuis 2012 sous perspective négative.
Plus d'articles du même thème
-
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
« Les facteurs techniques et l’appétit des investisseurs plaident pour une position modérément surpondérée »
Bart aan de Toorn, gérant et membre du comité d'investissement de l'équipe crédit chez VLK IM -
«Nous anticipons une appréciation du yen d'ici à la fin de l'année»
Evelyn Herrmann, économiste Europe chez Bank of America -
«La hausse des taux de la BCE devrait être la seule pour 2026 et 2027»
Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez La Banque Postale AM -
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide