L’Irlande espère une aide financière préventive de 10 milliards d’euros
Le pays veut obtenir un filet de sécurité pour retourner sur les marchés en toute quiétude après la fin de son plan de sauvetage en décembre
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Solenn Poullennec
L’Irlande demandera à ses partenaires européens une assistance financière préventive de 10 milliards d’euros pour retourner sereinement sur les marchés l’année prochaine. «Si nous obtenions une ligne de crédit, équivalente à une année complète de déficit, en d’autres termes 10 milliards d’euros, alors, si quelque chose arrivait, nous pourrions financer notre déficit pendant un an pour continuer à avancer», a assuré le ministre des finances irlandais, Michael Noonan, dans un entretien à l’Irish Independent. «Nous espérons que nous n’aurons jamais à l’utiliser. Il s’agit juste de l’avoir pour rassurer les marchés. Et nous nous financerons sur les marchés».
La semaine dernière, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a affirmé que Dublin bénéficierait d’un soutien à la sortie de son programme. Le Mécanisme européen de stabilité financière (MES) peut aider les Etats qui le demandent à conserver leur accès sur le marché, en leur accordant un prêt ou en intervenant sur le marché obligataire primaire. Le fonds de secours offre deux types d’assistance préventive, plus ou moins conditionnées : la ligne de crédit de précaution et la ligne de crédit aux conditions financières renforcées.
A l’hiver 2010, l’Irlande a perdu son accès au marché. L’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), lui ont accordé quelque 67,5 milliards d’euros pour l’aider à se financer. Alors que le programme d’aide arrive à son terme à la fin de l’année, Dublin a déjà commencé à préparer son retour sur les marchés. En mars, le pays a réussi à lever auprès des investisseurs quelque 5 milliards d’euros à 10 ans.
L’octroi d’une aide financière préventive à l’Irlande serait d’autant plus rassurante pour les investisseurs que celle-ci, si elle est accordée sous des conditions strictes, permettrait en plus au pays d’être aidé par la Banque centrale européenne, via son programme d’achat de dette souveraine à court terme (OMT). Notamment grâce à l’annonce de ce programme, les taux sur la dette irlandaise à 10 ans restent relativement bas à 3,9%.
La Troïka qui, cet été, a jugé que l’Irlande avait respecté les conditions de son plan de sauvetage, doit revenir dans le pays en octobre au moment de la discussion budgétaire. Sa visite pourra être l’occasion de discuter des conditions d’une assistance financière. Selon l’Irish Independant, Michael Noonan espère que des nouvelles exigences ne seront pas imposées au pays.
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