L’Irlande consolide sa position sur les marchés financiers européens
La note du pays a été relevée de deux crans par Moody’s. L’agence de la dette a déjà réalisé plus de 80% du programme de refinancement 2014
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Solenn Poullennec
L’Irlande continue de sécuriser sa position financière sur les marchés alors qu’elle ne bénéficie plus d’un programme d’aide international depuis la fin de l’année dernière. L’agence de gestion de la dette (NTMA) a racheté 650 millions d’euros de titres à 4,5%, qui devaient arriver à maturité le 18 février 2015.
Selon la recherche de RBS, «l’Irlande cristallise son faible risque de refinancement et en utilisant son cash elle fait aussi baisser un peu son ratio de dette sur PIB» (à 123,7% à la fin de 2013). Le pays, qui est sorti au bout de trois ans du programme d’aide de 67,5 milliards d’euros accordé par ses partenaires européens et le Fonds monétaire international, a déjà réalisé plus de 80% de son programme de financement pour 2014, selon la NTMA.
Cette sortie, sans filet de sécurité, qui a été précédée d’un retour sur les marchés à partir de la mi-2012, a poussé Moody’s à relever une première fois la note du pays au début de l’année. Elle vient de la relever à nouveau de Baa1 à Baa3 (perspective stable) alors que le pays est déjà noté BBB+ par Fitch et Standard & Poor’s. «Comparé aux autres pays notés Baa, dont l’Italie (Baa2 stable) et l’Espagne (Baa2 perspective positive), le profil de risque de l’Irlande se remet plus rapidement de la crise de la dette dans la zone euro grâce au dynamisme de son économie et à ses perspectives de croissance», note l’agence.
«L’Irlande se démarque de plus en plus des autres pays périphériques», assure aussi RBS. Hier, le rendement irlandais à 10 ans atteignait 2,7%, contre 3% pour celui de l’Espagne et 3,2% pour l’Italie. Moody’s s’attend à ce que l’économie irlandaise «croisse beaucoup plus rapidement que la moyenne européenne», notamment grâce à l’accélération de la demande intérieure. Selon le gouvernement, le PIB augmentera de 2,1% en 2014 et de 2,7% en 2015. De quoi ramener le déficit (hors recapitalisation des banques) de 7,2% du PIB en 2013 à 2,9% du PIB en 2015.
Moody’s salue aussi le fait que la Nama (National Asset Management Agency) qui a repris des prêts aux banques au bord de la déroute en 2010-2011 soit en passe de revendre la totalité de ces derniers sans que cela pèse sur le bilan de l’Etat. La Nama n’a pas eu non plus à reprendre le portefeuille de quelque 13 milliards d’euros d’actifs issu de la liquidation de l’Irish Bank Resolution Corporation (structure née de la fusion d’Anglo Irish et d’Irish Nationwide Building Society) car ils ont été vendus avec profits.
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