L’investissement immobilier institutionnel va encore profiter des taux bas
Taux et croissance économique durablement faibles devraient maintenir la croissance locative et les rendements sur l’immobilier «prime» bas pour les cinq prochaines années, montre une étude de la société de gestion AEW, pour qui le cycle sur l’immobilier européen serait ainsi prolongé. «Malgré une croissance locative plus faible, notre approche des rendements ajustés au risque identifie 80 marchés comme attractifs (51) ou neutres (29) parmi les 100 marchés d’immobilier d’entreprise analysés en Europe. Les taux de rendement devraient y rester proches de leurs niveaux actuels et ainsi maintenir les valeurs vénales stables, écrit l’équipe de Hans Vrensen, directeur de la recherche. Ces perspectives offrent aux investisseurs un délai supplémentaire pour se concentrer sur un ensemble d’objectifs et de régulations en matière de développement durable.»
Sur la plupart des marchés étudiés, les rendements attendus restent supérieurs aux rendements exigés. C’est particulièrement le cas pour les entrepôts logistiques à Dublin, dans la perspective d’une «plate-forme» post-Brexit. Les commerces en pieds d’immeubles ressortent partout comme «peu attractifs». Concernant l’immobilier de bureaux, Glasgow et Berlin offrent de belles perspectives grâce à un rendement attendu élevé, porté par la croissance locative et un taux de vacance bas, avec en outre un rendement exigé particulièrement faible dans la capitale allemande, du fait des taux souverains. A l’opposé, le haut rendement attendu à Milan souffre d’un rendement exigé également élevé. La croissance locative devrait être plus modérée à Amsterdam qu’ailleurs, alors que le rendement exigé y reste élevé en raison d’un niveau de liquidité plus faible. Les bureaux resteraient assez attractifs à Paris, et même à Londres.
Dans un scénario de taux bas encore plus long, avec des rendements exigés encore plus faibles, la recherche d’AEW voit 70 marchés comme «attractifs», dont la quasi-totalité de ceux de la logistique, et seulement 10 marchés «peu attractifs» (au lieu de 21). «En moyenne, tous types d’actifs immobiliers confondus, nous anticipons une décompression des taux de rendement ‘prime’ de 20 pb au cours des cinq prochaines années», poursuit l’étude, soit trois fois moins que l’an dernier, signe de l’extension du cycle immobilier. Ce contexte favorable ne devrait pas être perturbé par les traditionnels problèmes d’endettement excessif ou de «suroffre» immobilière, qu’AEW juge relativement «faibles» en comparaison de périodes d’avant la crise.
Plus d'articles du même thème
-
L’inquiétante correction des marchés de taux
Les facteurs de risque s’enchaînent pour faire monter les taux longs un peu partout dans le monde. Et s’il est davantage question de désorientation du marché que de véritable krach obligataire, il reste difficile d’anticiper une inversion du mouvement. -
Malgré les tensions, les discussions autour de la restructuration de Casino se poursuivent
Le distributeur ne paiera pas les intérêts dus fin septembre à certains de ses créanciers qui lui ont intenté une action contentieuse en août et s’opposent au projet de restructuration qu’il a choisi. Un accord entre les différentes parties semble malgré tout encore possible. -
Les pays émergents ont gonflé la dette mondiale
L’endettement mondial a atteint au 30 juin 2026 un nouveau record de 365.000 milliards de dollars, sous l’impulsion des entreprises et des Etats, selon l’IIF. La hausse des taux accroît les dépenses d’intérêt et mécaniquement la dette. Elle devrait continuer de progresser en raison des besoins d’investissement dans les secteurs stratégiques. -
L’actionnariat salarié affiche sa résistance
Au sein du SBF 120, 40 opérations collectives ont été menées en 2025, pour une collecte de 3,8 milliards d’euros. Plus d’un salarié sur trois est actionnaire. Les salariés détiennent de nouveau plus de 3% de l’indice. -
BNP Paribas s'engage sur cinq ans avec Google Cloud
Quelques mois après avoir signé avec Mistral, BNP Paribas cultive sa stratégie multicloud et multimodèle en signant un accord avec Google Cloud. -
Bessemer Venture Partners lève 5,75 milliards de dollars pour mener plus loin les start-up de l'IA
En une seule levée, la firme californienne du capital-risque a réuni 1,75 milliard de dollars destinés à investir dans les phases initiales de développement d'entreprises IA-natives, et 4 milliards pour renforcer l'accompagnement de ces participations au fil de leur croissance dans un contexte où une éventuelle introduction en Bourse intervient plus tardivement.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- BNP Paribas AM resserre les lignes métiers après l'intégration d’Axa IM
- Amundi réorganise ses relations clients institutionnels et sa distribution
- Caceis change de nom
- L'AMF dresse un premier bilan sur les incidents majeurs Dora des sociétés de gestion
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
Contenu de nos partenaires
-
Pourquoi Emmanuel Macron annonce l'envoi de soldats français en Arabie saoudite
Le président de la République a annoncé jeudi soir l'envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite, espérant contribuer à la stabilisation des marchés pétroliers affolés par la guerre au Moyen-Orient -
AlerteEmmanuel Macron renouvelle ses mises en garde contre la Russie
Le chef de l'Etat a tenté de faire la pédagogie de son action pour faire baisser les prix des carburants et assurer la sécurité du pays face au bellicisme russe -
EditorialMacron aux 20 heures : expliquer, c'est aussi inquiéter
Il y a près de seize mois qu’Emmanuel Macron n’était pas intervenu à la télévision, en ouverture des 20 heures de TF1 et France 2. Et ce n’est pas un hasard si le chef de l’Etat a choisi ce format XXL pour s’exprimer : les Français sont entrés très tôt, très vite, très fort dans la campagne électorale, joute dont Emmanuel Macron, pourtant constitutionnellement inéligible, ne veut pas être exclu. Le risque pour lui serait en effet que, déjà proche des pires scores de popularité décrochés par François Hollande à la fin de son unique mandat, il devienne le punching ball de tous les candidats, à la fois pour son bilan et pour sa responsabilité dans l’état de dénuement budgétaire et financier dans lequel se retrouve le pays en pleine crise de l’énergie.