L’investissement immobilier en France affiche une hausse en trompe-l’œil
Au premier septembre, les investissements en immobilier de bureaux en France ont progressé de 9,5% en glissement annuel pour atteindre 7,4 milliards d’euros, selon les chiffres publiés hier par la société de conseil CB Richard Ellis. Cela représente le plus haut niveau d’investissement sur les huit premiers mois de l’année depuis 2008 mais cette progression s’affiche en trompe-l’œil. «Cette performance est le signe que ce marché, sur fond de crise économique et financière frappant particulièrement la zone euro, ne s’est pas gelé comme on pouvait le craindre. Cependant, ce dynamisme apparent cache une activité en demi-teinte: trois transactions représentent à elles seules près de 25% du volume total», souligne CBRE.
«C’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Le marché a été dynamisé par les investisseurs du Qatar au premier semestre mais pour l’ensemble de l’année 2012, il y a fort à parier que le niveau d’investissement sera plus faible que l’an dernier», explique Antoine Derville, président de CBRE Capital Market. Il table sur un montant d’investissement total de 10 à 12 milliards d’euros pour l’ensemble de 2012 contre 16 milliards en 2011.
La fin de l’année s’annonce déjà moins bien orientée que l’an dernier sur le front des investissements. Au quatrième trimestre 2011, l’investissement immobilier d’entreprise avait été porté par la disparition au 31 décembre de l’avantage fiscal permettant l’allègement des plus-values de cessions à destination des véhicules de placement réglementés, les OPCI (organisme de placement collectif en immobilier) et les foncières SIIC.
L’investissement immobilier est également confronté à la difficulté de financer certains projets. «Il est devenu très difficile voire impossible de se refinancer sur des grosses opérations à risques», souligne-t-on chez CBRE. En cette période d’incertitude, les banques se détournent plus que jamais des transactions portant sur des actifs de moindre qualité. Dans le même temps, les investisseurs continuent de privilégier les biens de meilleure qualité dits «prime» principalement à Paris mais l’offre reste faible, ce qui maintient les taux de rendement «prime» à des niveaux relativement bas.
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