« L’intervention de la Fed pourrait redonner confiance aux investisseurs »
estime Christian Parisot, directeur des recherches chez Aurel
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Propos recueillis par Bruno de Roulhac
L’Agefi : L’intervention de la Fed, la semaine dernière, peut-elle permettre un rebond durable des bourses ?
Christian Parisot : Les outils monétaires utilisés par la Fed jusqu’à présent étaient peu efficaces. La seule possibilité était d’injecter massivement des liquidités dans le système bancaire sans possibilité de les affecter aux marchés en crise. Or, l’assèchement de la liquidité sur le marché des titrisations hypothécaires engendre un risque de solvabilité pour plusieurs acteurs du marché. De plus, les banques risquaient de ne plus posséder suffisamment de titres éligibles aux opérations quotidiennes de refinancement de la Fed. Le risque de liquidation des portefeuilles obligataires était fort, accentuant le risque de liquidité sur le marché hypothécaire. La mise en place du TSLF est donc une solution équilibrée. Les primary dealers pourront emprunter pour 28 jours des Treasuries contre des titres illiquides et, éventuellement, les refinancer ensuite lors des opérations classiques de refinancement ou les prêter à d’autres établissements. Il n’y pas de création monétaire mais une affectation de la liquidité vers des marchés en crise qui pourrait redonner confiance aux investisseurs.
La crise financière est-elle donc terminée ?
Des risques persistent car la crise reste psychologique. Les cours de certaines lignes de titrisation subprime ou RMBS devraient rebondir. Leur cotation actuelle ne traduit pas seulement un risque de défaut mais aussi d’illiquidité. Un redressement de leur cours aura un impact très positif sur tous les acteurs de la finance qui doivent comptabiliser leur actif en mark to market, comme les banques, les rehausseurs de notes et les agences hypothécaires… Enfin par cette action, la Fed confirme sa volonté d’aider à une sortie rapide de la crise financière. Le Fed put est plus que jamais présent, la situation est trop grave pour que la banque centrale ne fasse rien…
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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