L’internationalisation du yuan reste strictement encadrée par Pékin
Les investissements étrangers excédant 300 milliards de yuans (34 milliards d’euros) devront recevoir l’approbation du ministère du Commerce
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Patrick Aussannaire
Pékin n’est pas prêt à lâcher son emprise sur le yuan. Le lancement du programme «yuan IDE», dont les contours avaient été dessinés au mois d’août, a été officialisé vendredi par la banque populaire de Chine et par le ministère du Commerce. La banque centrale a indiqué que les nouvelles règles encadrant les sociétés et banques étrangères qui souhaitent investir en yuan rendront «les procédures des services financiers concernés plus simples».
Le ministère du Commerce a néanmoins précisé que tout investissement étranger dont le montant dépasse 300 milliards de yuans (34 milliards d’euros) devra recevoir l’accord des autorités chinoises et l’Etat central devra rendre ensuite un avis définitif sous cinq jours. Les fonds levés ne devront pas être investis dans des actions chinoises ni dans des produits dérivés. Pékin garde également la mainmise sur le secteur du ciment, de l’acier, de la construction navale et du crédit-bail.
Une occasion pour Pékin de renforcer le rôle central dévolu à la place de Hong Kong pour les investissements étrangers libellés en renminbi. Les nouvelles règles «vont significativement accroître les possibilités d’investissements en yuan à Hong Kong, en facilitant les levées de fonds par le biais d’émissions d’obligations libellées en yuans» a précisé le directeur général de l’autorité de marché de Hong Kong.
Les émissions de dette libellée en yuans à Hong Kong, appelées «Dim Sum», commencent à prendre leur envol. Van Eck a lancé la semaine dernière un ETF indexé sur la dette chinoise qui «permettra d’investir dans des obligations libellées en renminbis de haute qualité, qui donne accès à un potentiel de rendement ainsi qu’à l’appréciation de la devise», a indiqué Jan van Eck, responsable chez Van Eck Global.
Les émissions de «Dim Sum» - la première a été lancée en 2007 - ont atteint 138,4 milliards de yuans (16 milliards d’euros) depuis le début de l’année, soit trois fois plus qu’en 2010 (35,7 milliards). Elles pourraient atteindre 500 milliards en 2013 selon HSBC. Le rendement moyen des «Dim Sum» a progressé de 49 bp à 3,633% sur le mois. Pour le moment, les émetteurs chinois pèsent 78% du marché et la liquidité sur le marché secondaire reste limitée, mais les investisseurs étrangers témoignent d’un appétit croissant pour ce type de produits afin de diversifier leurs sources de financement.
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