L’Insee table sur une reprise poussive de l’économie française en 2014

Sous l’effet d’un modeste rebond de l’investissement des entreprises et du pouvoir d’achat, le PIB progresserait de 0,7% en moyenne annuelle
Yves-Marc Le Réour

Après la douche froide d’une stagnation du PIB au premier trimestre, l’économie française devrait enregistrer une reprise régulière mais modeste (+0,3% par trimestre) d’ici à la fin de l’année, selon la dernière note de conjoncture de l’Insee. Alors que le commerce mondial s’est contracté entre janvier et mars suite au ralentissement chinois et américain, les exportations gagneraient en dynamisme grâce au léger rebond des échanges attendu à partir du deuxième trimestre.

Cette tendance serait contrebalancée par la vigueur de l’euro et la nette augmentation des importations, débouchant sur une contribution nulle du commerce extérieur sur l’activité en 2014.

Le pouvoir d’achat devrait renouer avec une croissance de 0,7% cette année grâce à une moindre progression des impôts et cotisations sociales, doublée d’une légère accélération des revenus d’activité. Après une contraction d’un demi-point au premier trimestre, «la consommation des ménages afficherait une hausse moyenne annuelle de 0,3%, comme en 2013». Ceci n’empêcherait pas l’investissement des ménages, principalement dans le logement neuf, d’amplifier encore sa baisse (-6,7% après -3,1%) à cause des effets persistants du repli des mises en chantier.

A contrario, l’investissement des entreprises redeviendrait positif (+0,7% contre -0,6% en 2013), en lien avec une légère augmentation de la production manufacturière. Le taux de marge des sociétés non financières, qui a atteint l’an dernier à 29,8% son plus bas niveau depuis 1985, se redresserait à 30,8% à fin 2014. Sur l’ensemble de l’année, «le comportement de stockage des entreprises contribuerait pour +0,4% point à la croissance du PIB», celui-ci progressant en moyenne de 0,7% après +0,4% en 2012 et 2013.

Inférieure à la prévision gouvernementale de 1%, cette croissance serait également «trop modeste pour que l’emploi se redresse», relève l’institut qui anticipe un taux de chômage de 10,2% pour l’ensemble de la France mi-2014 (contre 10,1% au premier trimestre), avant une stabilisation au second semestre.

Le principal aléa entourant ce scénario économique repose sur la trajectoire d’inflation (hausse des prix à la consommation estimée à +0,7% à fin 2014, contre +0,9% un an plus tôt). Les autres incertitudes concernent «la réaction des entreprises aux nouvelles mesures de politique économique annoncées par le gouvernement» et l’arbitrage entre consommation et épargne des ménages.

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