L’Insee attend pour la France une croissance inférieure à celle de la zone euro
La reprise de l’économie française devrait rester modeste. Selon les prévisions réalisées par l’Insee, la croissance serait de 0,1% au premier trimestre et de 0,3% au deuxième, après 0,3% au dernier trimestre 2013. Le PIB afficherait ainsi un acquis de croissance de 0,7% à fin juin 2014, après une croissance annuelle atone de 0,3 % en 2013 et nulle en 2012.
«L’accélération de l’activité ainsi attendue pour l’ensemble de l’année 2014 serait notamment portée par l’industrie manufacturière», estime l’Insee qui anticipe un acquis de croissance sur ce secteur de +1,1% mi-2014 après +0,1% en 2013 et -2,8% en 2012. A contrario, la construction afficherait un acquis négatif de 1,3% mi-2014, après -2,2 % en 2013.
Après un rebond de 1,3% au dernier trimestre 2013, les exportations françaises pourraient connaître un ralentissement à 0,9% et 0,8 % aux deux premiers trimestres. «Aux pertes résiduelles de compétitivité hors prix, s’ajouterait l’impact négatif de l’appréciation de l’euro depuis mi-2012», explique l’Institut. Dans ce contexte, le taux de chômage serait stable à 10,2 % d’ici à mi-2014, les créations nettes d’emplois ne faisant qu’absorber la hausse de la population active. L’Insee anticipe en outre un léger rebond de l’inflation française à 0,9 % en juin, après 0,7% en décembre 2013.
Le rythme de croissance de l’activité en France serait en outre inférieur à celui de l’ensemble de la zone euro, attendu à 0,4% et 0,3% sur les deux premiers trimestres. Si l’Allemagne demeure le moteur de la zone avec une croissance prévue de 0,8% et 0,5%, le PIB espagnol afficherait une hausse de 0,3% sur les deux trimestres, et l’Italie de 0,2%. La solidité de l’indice PMI composite, ressorti hier à 53,1 en mars après 53,3 en février, suggère même une hausse de 0,5% du PIB en zone euro au premier trimestre selon Markit, alors que le consensus table sur 0,3%.
Le PIB français est revenu à ses niveaux de 2008, soit une croissance moyenne nulle sur les six dernières années, alors qu’il reste inférieur de 6,7% en Espagne, de 7,5% en Italie et de 2% en zone euro et supérieur de 3% en Allemagne.
Dans ce contexte, l’Insee estime le déficit de demande en France à 2,3 points de PIB en 2013 (avec une part cyclique de 1,5 point), contre 2,1 points en zone euro. Si l’«output gap» se serait refermé en Allemagne, il s’est creusé en Italie et en Espagne de -4 et -5 points de PIB.
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