L’inquiétude des investisseurs grandit sur la situation en Chine
Alors que le secteur manufacturier reste en zone de contraction, les investissements directs étrangers ont chuté pour la première fois depuis 2009
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Patrick Aussannaire
La Chine traverse une zone de turbulences. L’indice de la Bourse de Shanghai a enregistré sa sixième séance de baisse consécutive, chutant cette nuit de 1,1% à 2.203,84 points, soit un recul de 6,1% depuis le début du mois. L’indice PMI du secteur manufacturier calculé par HSBC n’a pas réussi à quitter la zone de contraction en décembre malgré un léger rebond de 1,3 point à 49 points. Dans le même temps, le rythme de hausse de la masse monétaire a ralenti à 12,7% en novembre, soit son plus faible niveau depuis mai 2001, et bien en-dessous des 16% considérés par la banque centrale comme le rythme nécessaire pour garantir une croissance équilibrée.
Les données publiées hier par la banque centrale indiquent que les dépôts continuent à progresser à un rythme sensiblement plus lent que celui des prêts. Avec un nombre croissant de petites banques se rapprochant du ratio prêts sur dépôts plafond de 75% imposé par Pékin, la distribution de crédit sera conditionnée à leur pouvoir d’attirer des dépôts. «Nous anticipons que l’autorité de régulation bancaire se montre plus flexible dans ses règles macro-prudentielles en 2012 afin de garantir une expansion du crédit suffisante» estime Barclays Capital. L’Economic Information Daily indiquait déjà que l’application des nouvelles règles imposées aux banques du pays serait différée et assouplie. Les taux de refinancement à 7 jours a progressé de 23 bp à 3,46% à Shanghai.
Alors que Pékin se refuse à tout assouplissement monétaire, l’inquiétude grandit chez les investisseurs étrangers. Les investissements directs étrangers ont chuté de 9,8% sur un an en novembre à 8,76 milliards de dollars après une hausse de 8,8% en octobre. Le premier retour en territoire négatif depuis 2009.
L’ambassadeur américain en Chine a estimé ce matin que le climat des affaires en Chine engendrait une frustration croissante de la part des investisseurs. De son côté, le ministre du commerce chinois avait dit s’attendre à une intensification des tensions commerciales en 2012 du fait de la faiblesse de l’activité aux Etats-Unis et en Europe. En plus des droits de douane de 25% déjà imposés aux véhicules importés en Chine, Pékin a annoncé hier qu’elle imposera pour une durée de deux ans des taxes sur les grosses voitures importées des Etats-Unis. Les marchés s’attendent d’ailleurs à une baisse du renminbi, le taux à terme 12 mois sur le yuan chutant de 0,3% à 6,4615 contre dollar, soit une décote de 1,3% par rapport au cours à Shanghai.
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Au deuxième trimestre, les ventes de logements neufs aux particuliers ont diminué de près de 5%. Le climat, attentiste à l'approche de l'élection présidentielle, devrait continuer de peser sur le marché.
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