L’inflation réduit les marges de manœuvre de la banque centrale du Brésil
L’inflation continue de hanter l’économie brésilienne. Dans l’enquête hebdomadaire réalisée par la banque centrale, les économistes interrogés prévoient en moyenne une nouvelle accélération des tensions sur les prix à la consommation cette année à 5,19%, contre une précédente estimation de 5,15% et un rythme annuel de 5,37% enregistré mi-août. Il s’agit de la septième semaine consécutive de relèvement des anticipations d’inflation.
Une tendance qui devrait se poursuivre l’année prochaine avec un niveau anticipé à 5,50% en moyenne, qui reste néanmoins toujours inférieur au haut de la fourchette cible des autorités monétaires de 6,5%.
La chute du real de 8,2% depuis le début de l’année a non seulement participé au retour des tensions inflationnistes, mais n’a pas eu les effets escomptés sur la croissance. Les économistes interrogés par la banque centrale ont en effet révisé à la baisse leurs prévisions pour cette année à 1,73%, contre une précédente estimation de 1,75%, après une hausse du PIB brésilien de 2,7% en 2011 et de 7,5% en 2010.
Pour 2013, ils ont maintenu leurs prévisions à 4% de hausse du PIB. Au début de l’année, les mêmes économistes prévoyaient encore une croissance de 4% en 2012. Les chiffres de croissance au deuxième semestre publiés vendredi permettront d’avoir une meilleure idée de l’ampleur du ralentissement en cours.
Une situation qui constitue un véritable casse-tête pour la banque centrale qui se réunit ce soir. Certes, le consensus table très majoritairement sur une baisse du taux Selic de 50 points de base (pb) à cette occasion pour le ramener à 7,50%, du fait des inquiétudes pesant sur la croissance. «La banque centrale est aujourd’hui plus inquiète du niveau de l’activité économique que de l’inflation», explique l’agence de notation brésilienne, Austin Rating. Mais l’avenir semble nettement moins certain.
En effet, Goldman Sachs anticipe, à l’instar des marchés, que ce nouveau geste attendu de l’institution monétaire soit le dernier du cycle d’assouplissement compte tenu de la hausse des tensions sur les prix. Il y a deux semaines, les investisseurs tablaient toujours sur au moins 75 pb de baisse supplémentaire en 2012. En outre, dès le mois de mars 2013, les autorités monétaires pourraient même initier un cycle de resserrement monétaire de quelque 175 pb sur l’année prochaine, selon les marchés à terme.
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