L’inflation en zone euro s’apprête à passer en territoire négatif
Les chiffres de décembre, publiés demain, pourraient faire apparaître une baisse des prix sur un an, au vu des statistiques allemandes et espagnoles.
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Alexandre Garabedian
Le recul du prix du pétrole va de pair avec celui de l'euro contre dollar. Illustration L'Agefi.
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Pétrole, euro, marchés actions… Les indices sont orientés à la baisse en ce début d’année 2015. Le CAC 40 a abandonné hier 3,3% alors que les marchés s’interrogent sur un éventuel abandon de l’euro par la Grèce. Les prix du baril de Brent ont approché le seuil des 53 dollars. Symbole de ce sentiment négatif: l’inflation en zone euro, qui diminue mois après mois, pourrait s’inscrire dans le rouge en décembre. L’estimation préliminaire d’Eurostat doit être publiée demain.
Les statistiques venues hier d’Allemagne, après celles d’Espagne la semaine dernière, confirment la décélération rapide des prix en zone euro. Le taux annuel d’inflation outre-Rhin a reculé en décembre à 0,1% en données harmonisées IPCH, selon les éléments en première estimation publiés lundi par l’Office fédéral des statistiques. Il était de 0,5% en novembre. En Espagne, l’inflation, déjà négative en novembre, à -0,5% sur un an, est tombée à -1,1% en décembre, largement au-delà des attentes du consensus des économistes (-0,7%).
Dans les deux cas, la chute des prix de l’énergie explique l’ampleur des variations d’un mois sur l’autre. La BCE se heurte depuis l’été à une règle quasi-immuable des marchés: quand le prix du pétrole exprimé en dollar baisse, le billet vert monte, et inversement. Les effets désinflationnistes de la baisse des prix du pétrole font donc plus que compenser en zone euro l’effet inflationniste lié à la dépréciation de la monnaie unique. Le recul de l’euro est d’ailleurs tout relatif: de 13,4% sur un an face au dollar, il n’est que de 5% pondéré par les échanges face à l’ensemble des grandes devises.
Peter Praet, le chef économiste de la banque centrale, a déjà prédit que la baisse des prix de l’or noir se traduirait par une inflation négative en zone euro pendant une bonne partie de 2015. «Nous nous attendons à ce que les craintes d’effets de second tour liés au pétrole moins cher et d’un risque de perte d’ancrage des anticipations d’inflation dominent à la BCE», estiment les économistes de Nomura. «Cela devrait renforcer les anticipations de marchés d’une annonce d’un QE souverain le 22 janvier».
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