Selon une étude de Keima auprès d’acteurs français, la crise les conduit à modifier leur comportement
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Annelot Huijgen
Des gestionnaires d’actifs qui se jettent eux-mêmes la pierre. L’activité de leurs sociétés, à la fois en termes de collecte et de résultats, a été affectée par une crise dont ils s’estiment eux-mêmes majoritairement responsables, d’après une étude de Keima. L’agence de communication stratégique et financière a interrogé à la mi-février 730 représentants de 270 sociétés de l’industrie financière française, dont une majorité de gestionnaires d’actifs. « L’industrie est loin d’avoir fait l’inventaire de la crise », remarque Philippe Matherat-Audan, président de Keima. La plupart des répondants estiment que la crise actuelle n’est pas systémique : elle est surtout liée à une sous-évaluation des risques par les acteurs eux-mêmes. Plus d’un tiers des participants la compare à celle de 1929, « ce qui est un symbole fort de pessimisme », juge Keima. Selon près de quatre participants sur dix, la crise peut se résoudre cette année, mais seulement si les régulateurs et les pouvoirs publics interviennent.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
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