L’Inde tente de se rebâtir une crédibilité budgétaire
L’Inde fait peau neuve. C’est dans un contexte de crédibilité monétaire retrouvée avec l’arrivée de Raghuram Rajan à la tête de la RBI, et de fortes attentes, que le nouveau gouvernement de Narendra Modi a présenté hier son premier budget. La prévision de déficit du précédent gouvernement de 4,1% du PIB pour l’année fiscale qui s’achève fin mars 2015 a été maintenue contre toute attente. Il s’agirait du plus faible déficit de l’Inde depuis 7 ans après celui de 4,5% affiché en 2013.
«Aussi difficile que cela puisse paraître, j’ai décidé de relever le défi de faire mien cet objectif», a expliqué le ministre des finances Arun Jaitley, qui ambitionne de ramener le déficit à 3% du PIB d’ici à 2017. Pour ce faire, il estime que la hausse nécessaire de 1,9% par rapport au montant des recettes anticipé en février pourra être atteinte grâce à une accélération du programme de privatisations. «Le seul moyen d’atteindre cet objectif est d’augmenter les recettes, pas en augmentant le taux d’imposition mais l’assiette», a-t-il ajouté.
Le seuil d’investissements étrangers autorisés dans les secteurs de la défense et de l’assurance a été relevé à 49%. Afin de satisfaire aux exigences de fonds propres, les banques d’Etat, dont les besoins sont estimés à 30 milliards d’euros d’ici à 2018, seront autorisées à procéder à des augmentations de capital. Les entreprises se préparent également à y avoir recours à hauteur de 25 milliards de dollars cette année, ce qui les ramènerait aux niveaux constatés entre 2007 et 2010 avant une chute à 12 milliards ces trois dernières années.
Si le budget vise une accélération de la croissance du PIB indien entre 7% et 8% d’ici à trois ans, il intègre également des mesures pour accompagner la politique de contrôle des prix mise en place par la RBI. Un fonds de stabilisation des prix de 5 milliards de roupies va ainsi être mis en place avec un plan de soutien à la production agricole. Un secteur clé puisqu’il a été le principal moteur de la croissance au premier trimestre, de 4,5%, et constitue le principal déterminant du ralentissement de l’inflation, avec la maîtrise des déficits publics.
L’indice Sensex a confirmé ses gains hier et affiche une performance de 22% sur 2014, la meilleure parmi les Bourses du G10. La hausse des taux directeurs à 8% a conduit à une hausse de la roupie de 14% contre dollar depuis septembre 2013, malgré une baisse de 3% depuis son point bas de 58,46 atteint le 22 mai.
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