L’Inde tente de décourager les flux spéculatifs non résidents
Raghuram Rajan favorise les investissements longs en Inde. Le gouverneur de la banque centrale indienne (RBI) a annoncé l’interdiction des achats de titres du Trésor («T-Bills») dont la maturité est inférieure à un an par les investisseurs étrangers. Ces derniers ont utilisé 87% des 5,5 milliards de dollars qu’ils sont autorisés à investir dans les titres courts. SG CIB estime les investissements nets des fonds étrangers en T-Bills à 3,7 milliards.
La mesure vise à décourager les mouvements spéculatifs et in fine les sorties de capitaux sur le marché monétaire, «vulnérable aux faiblesses de marché, avec une grande partie des flux sortants constatés entre mai et septembre 2013 provenant des T-Bills», explique SG CIB. Les ventes d’obligations ont atteint un record de 8 milliards de dollars sur 2013, entraînant une chute de la roupie de 26% contre dollar sur les huit premiers mois de l’année. Durant l’été 2013, le rendement des T-Bills à 91 jours s’était envolé de 455 pb en un mois pour dépasser le seuil des 12% fin août. Un plus haut historique.
Depuis janvier, les investisseurs étrangers ont pourtant acheté 3,65 milliards de dollars en actions et 5,76 milliards en obligations indiennes, avec un retour de la roupie à 60,175, soit une hausse de 13% depuis son plus haut. De quoi faire revenir le taux des T-Bills à 91 jours à 8,94% et le taux au jour le jour à 9%. Un niveau qui reste néanmoins supérieur au taux de refinancement laissé inchangé mardi par la RBI à 8%.
Dans ce contexte, l’autorité a indiqué qu’elle «continuera à travailler à faciliter les entrées de capitaux tout en réduisant le risque de volatilité des flux pour les investisseurs étrangers», en orientant les capitaux étrangers vers les maturités longues. Elle a ainsi relevé le seuil autorisé d’achats de titres longs de 20 à 25 milliards de dollars, afin de financer son déficit courant qui a atteint 4,8% du PIB fin mars, et autorisé la couverture des tombées de coupons.
Le taux à 10 ans a gagné plus de 20 pb cette semaine pour repasser hier au-dessus du seuil de 9% sur fond d’inquiétudes politiques avant les élections législatives de mai. «Le marché craint une dérive budgétaire par rapport à l’objectif de déficit révisé à 4,6% du PIB après les mauvais chiffres de février», explique SG CIB. Le gouvernement prévoit 3.680 milliards de roupies d'émissions au premier semestre 2014-2015, soit 61% du montant annuel total visé, avec 160 milliards adjugés aujourd’hui.
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