L’Inde s’offre la promesse d’un renouveau économique
La défaite du Parti du Congrès qui dirigeait le pays depuis 2004 a été saluée par les marchés qui attendent néanmoins des réformes structurelles
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Patrick Aussannaire
Un vent de renouveau souffle sur l’Inde. Le résultat de la plus vaste élection au monde a confirmé la victoire du parti BJP et la probable nomination de son dirigeant, Narendra Modi, comme Premier ministre. Le Parti du Congrès dirigeait le pays depuis 2004 et a exercé le pouvoir durant 54 des 67 années écoulées depuis l’indépendance. Un résultat salué par les marchés qui espèrent la mise en place de réformes nécessaires pour rehausser le potentiel de croissance de l’économie. Même si «l’homme fort en Inde, c’est Raghuram Rajan», le gouverneur de la banque centrale, rappelle Natixis.
La mise en place par la Reserve Bank of India (RBI) d’une politique monétaire ciblée sur l’inflation a permis à l’indice Sensex de gagner 14% depuis le début de l’année, contre 1,3% et 2,6% pour les indices MSCI Asie et Marchés émergents. La roupie s’est renforcée de 3,6% contre dollar depuis le 23 avril et de 17% depuis août 2013, effaçant ainsi les turbulences de la mi-2013. Depuis la prise de fonction de Raghuram Rajan en septembre 2013, le taux à 10 ans s’est maintenu dans un intervalle restreint compris entre 8,5% et 9%.
Pourtant, le maintien du banquier central est loin d’être acquis. «La nomination de Raghuram Rajan a été fondée sur sa réputation. Tout gouvernement se doit de la respecter», a estimé l’actuel ministre des finances. Le patron de la RBI est lui-même monté au créneau pour le respect de son indépendance. «Le gouvernement peut me faire partir, mais il ne gère pas la politique monétaire». Et de se poser en garant de la stabilité des marchés en s’estimant «prêt à faire face à toute volatilité qui pourrait survenir» à l’issue du vote. En outre, la RBI s’est prononcée en faveur d’un vaste programme de privatisation du secteur bancaire.
Dans ce contexte, «Narendra Modi devra adapter les structures de l’économie à l’orthodoxie monétaire imposée par la RBI» qui a permis à l’inflation de refluer à 5,2% en avril mais qui «continuera de peser sur l’économie indienne», estime Natixis. Sa gestion du Gujarat a permis à l’Etat d’afficher une croissance moyenne plus forte que celle du pays, de 8,7% entre 2001 et 2013, à l’instar du taux d’investissement qui a atteint 35,5% du PIB, avec 44 milliards de dollars d’investissements directs étrangers cumulés depuis 2004.
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