L’Inde fait un premier geste d’assouplissement de sa politique monétaire
Pas de baisse des taux directeurs, mais une première baisse du ratio des réserves de trésorerie depuis 2009, de 6% à 5,5%. C’est la surprise réservée par la banque centrale indienne (Reserve Bank of India, RBI) hier pour relancer son économie. Une décision anticipée par seulement trois des 21 économistes interrogés par Bloomberg et qui devrait permettre aux banques commerciales du pays de conserver 320 milliards de roupies (5 milliards d’euros) dans leurs bilans.
La RBI a déjà injecté 718,8 milliards de roupies dans le système bancaire depuis début novembre grâce à son programme de rachats de titres et lundi les banques en ont profité pour emprunter 1.420 milliards à la RBI via ses opérations de refinancement. L’institution a révisé sa prévision de croissance pour l’année fiscale, qui s’achève fin mars, de 7,6% à 7%.
Pour l’heure, le taux directeur est resté inchangé à 8,5%. Un membre du comité, Rajeev Gowda, avait récemment prôné une baisse des taux. A 7,47% en décembre, l’inflation reste supérieure à son objectif cible et la RBI estime que les risques proviennent «de la poursuite des effets de la dépréciation de la roupie sur le niveau des prix et du dérapage du déficit budgétaire». Avec une chute de 16% en 2011, la roupie s’est reprise de 6,5% depuis le début de l’année et est passée sous le seuil de 50 contre dollar, indiquant une baisse future de la pression sur l’inflation importée.
La RBI a d’ailleurs ouvert la porte à une baisse des taux en indiquant que la baisse des réserves pouvait être considérée comme un renforcement de la probabilité d’une orientation à la baisse des taux. «A court terme, le ralentissement de l’inflation devrait donner des marges de manœuvre à la politique monétaire pour répondre aux inquiétudes concernant la croissance» ajoute-t-elle. Et Aurel BGC d’estimer que «l’Inde pourrait assouplir sa politique monétaire pour favoriser la croissance de son économie, à l’image des mouvements observés par les autres banques centrales des Bric [Brésil, Russie, Inde, Chine]».
La RBI précise cependant qu’il s’agirait d’un «relâchement temporaire» et remet la pression sur le gouvernement pour qu’il respecte son objectif de déficit budgétaire de 4,1% du PIB pour l’année fiscale 2012-2013. Et de prévenir qu’en «l’absence de consolidation fiscale crédible, la RBI se verra freinée dans sa politique de baisse de taux».
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