L’Inde déçoit les attentes dans la défense de sa devise
Les pays émergents ouvrent les vannes de la relance. Dernier exemple en date: l’Inde a lancé hier un train de mesures destinées à soutenir la devise, qui a dévissé de 21% contre dollar sur les douze derniers mois, la plus mauvaise performance des devises asiatiques. Malgré des interventions ponctuelles de la banque centrale sur le marché des changes, la roupie a atteint un plus bas historique vendredi à 57,32. Or, les sociétés indiennes doivent faire face à 5,3 milliards de dollars de dette en devises étrangères arrivant à maturité cette année.
Mesure symbole: un assouplissement des règles d’investissement pour les institutions étrangères, qui pourront désormais acheter jusqu'à 20 milliards de dollars d’obligations souveraines indiennes au lieu de 15 milliards. Cette base d’investisseurs sera aussi élargie pour y inclure les fonds souverains et de pension ou encore les banques centrales étrangères.
Reste que les marchés ont été déçus. D’autant plus que le ministre des Finances sortant, Pranab Mukherjee, leur avait fait miroiter des mesures d’envergure. Le Sensex, l’indice boursier local, a perdu 0,5% et la roupie a effacé ses gains à 57,06 face au dollar. HSBC estime ainsi que seules des réformes structurelles seraient à même d’entamer un mouvement de redressement significatif et durable de la devise.
Malgré le maintien de la perspective stable associée à la note Baa3 de l’Inde par Moody’s, Natixis observe que le déficit extérieur structurel du pays, de 5,8% du PIB, «rend son économie dépendante des entrées de capitaux, d’où un risque de crise de balance des paiements et de crise de change dès que l’aversion pour le risque des investisseurs augmente». L’Inde achète 80% de ses besoins pétroliers à l’étranger en dollar, chaque point de baisse de la roupie coûtant 1,13 milliard d’euros aux trois raffineurs du pays.
L’Inde n’est pas un cas isolé: le real brésilien, le rouble russe et la roupie ont enregistré leur plus forte chute depuis 1998, et le yuan chinois depuis 1994. Les mesures de soutien budgétaire au Brésil, la baisse surprise du taux de refinancement en Chine et la relance des privatisations en Russie font ainsi écho aux mesures indiennes.
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