L’impact des mesures de la BoE sur les RMBS divise les analystes
Les analystes sont partagés sur l’impact que pourraient avoir les nouvelles mesures de financement de l’économie annoncées par le Trésor britannique et la Banque d’Angleterre (BoE) en juillet. Pour pousser les banques à accorder des crédits aux entreprises non financières et aux particuliers, les deux autorités ont mis en place le mécanisme de financement pour des prêts ou Funding For Lending Scheme (FLS).
Selon l’analyste de Barclays, Dipesh Mehta, le dispositif «devrait avoir un impact significatif négatif» sur les émissions d’obligations adossées à des prêts immobiliers résidentiels (RMBS). Mais d’autres spécialistes estiment que le dispositif n’aura pas vraiment de conséquence pour ce segment de la titrisation.
Dans le détail, la BoE propose de prêter aux banques jusqu’en janvier 2014, des billets de trésorerie d’une maturité de 9 mois. Les banques devront s’acquitter d’un taux d’intérêt de 0,25% à 1,5% en fonction du volume de prêts accordé et déposer du collatéral en garantie. Elles pourront ensuite mobiliser les billets de trésorerie auprès de la BoE pour obtenir du cash, contre rémunération.
Selon Dipesh Mehta de Barclays, le FLS devrait assurer aux banques d’obtenir des financements à bas coût jusqu’en 2018 (elles peuvent emprunter pour quatre ans jusqu’à début 2014). «Cela va réduire les besoins pour les autres types de financements sécurisés y compris les RMBS et les covered bonds», assure-t-il.
«Le FLS semble être moins avantageux selon nos hypothèses qu’une simple titrisation retenue et placée en repo en terme de cash-flows perçus, tout du moins lorsqu’il s’agit de prêts résidentiels», écrit cependant Henri de Mont Serrat, analyste chez Natixis. Si la BoE applique une décote de 40% pour 100 livres de créances apportées en garantie, les banques ne devraient obtenir que 59 livres en liquide. C’est beaucoup moins, selon ses calculs, que les 71 livres obtenues si les banques titrisaient ces créances et les apportaient à la BoE.
Pas question de réfuter l’intérêt du mécanisme pour autant. D’après Henri de Mont Serrat, «le FLS peut offrir une véritable option de financement des prêts octroyés aux corporates pour lesquels l’alternative de la titrisation (…) est aujourd’hui peu utilisée par les banques britanniques». Plus généralement, le programme bénéficierait aux banques n’ayant pas l’argent ou le temps de mettre en place des programmes de titrisation.
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